L’oculométrie est une technologie qui suscite un intérêt et une utilisation croissants : de la recherche scientifique à son intégration de plus en plus répandue dans les appareils que nous utilisons, il a été démontré que nos yeux révèlent bien plus que ce que nous regardons.
Des études ont mis en évidence de nouvelles façons dont nos différences individuelles et notre environnement influencent nos processus attentionnels, ouvrant ainsi la voie à des diagnostics plus précoces et à une meilleure compréhension de l’être humain. Les entreprises approfondissent leurs connaissances sur la manière d’attirer au mieux leurs clients, et les concepteurs d’expérience utilisateur (UX) sont en mesure d’améliorer leurs concepts et leurs créations pour les rendre plus conviviaux.
Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres illustrant comment l’oculométrie nous aide à mieux comprendre notre environnement. Tout cela se fait bien sûr de manière non invasive, ce qui fait de l’oculométrie une méthode simple et judicieuse.
Bien sûr, ces progrès ont tous reposé sur la mise en œuvre de recherches solides et fiables en matière d’oculométrie. Même si cela semble aller de soi, il existe de nombreuses façons dont des conditions de recherche inadéquates peuvent compromettre le résultat final.
Chez iMotions, nous croyons fermement à la rigueur scientifique et tenons à ce que chaque étude soit menée dans le respect des normes les plus strictes, afin de garantir la poursuite de ces avancées. C’est pourquoi nous avons répertorié nos 5 principes fondamentaux pour la recherche en eye tracking.
Table of Contents
1. Éclairage
Presque tous les oculomètres utilisent la réflexion de la lumière infrarouge (ou proche infrarouge) par la pupille (à l’aide de quelques algorithmes) pour suivre les mouvements des yeux. Cette technique est souvent utilisée pour créer une pupille lumineuse qui permet de repérer la position des yeux.
La méthode de la pupille brillante fonctionne bien dans des environnements contrôlés : tant que les conditions d’éclairage sont stables, l’expérience peut être menée sans trop se soucier de l’intensité lumineuse (dans la mesure du raisonnable, bien sûr).
Cette méthode pose toutefois des problèmes lorsque le suivi oculaire est effectué en extérieur, dans des conditions naturelles. Les variations d’intensité de la lumière infrarouge peuvent perturber le signal reçu par la caméra de suivi oculaire, ce qui finit par réduire la précision du suivi.
Les lunettes d’oculométrie (ainsi que certains oculomètres à écran) sont conçues pour être utilisées dans des environnements où les niveaux d’infrarouge varient, et recourent à une méthode différente pour contourner ce problème potentiel. S’il est vrai que la plupart des oculomètres à écran combinent plusieurs méthodes pour garantir la précision des mesures, il peut être utile de veiller à ce que les conditions d’éclairage restent constantes.

Veillez à maintenir une grande précision en conservant, dans la mesure du possible, des niveaux d’éclairage constants.
Les questions d’éclairage peuvent également revêtir une importance particulière si vous prévoyez d’étudier la pupillométrie (niveaux de dilatation pupillaire). Les variations de luminosité ont en effet un impact considérable sur la dilatation pupillaire ; il est donc essentiel de veiller à ce que tous les stimuli visuels présentés aux participants soient harmonisés à cet égard (la dilatation pupillaire est également influencée par la charge cognitive, ce qui pourrait être un élément à prendre en compte dans la conception de votre expérience).
2. Mouvement
Certains des tout premiers appareils d’oculométrie exigeaient que la tête du participant y soit fixée (temporairement, je tiens à le préciser). Cette méthode garantissait l’absence de tout mouvement susceptible de perturber le signal capté par la caméra, mais elle ne constituait pas non plus le cadre le plus réaliste qui soit pour une expérience.
Heureusement, les appareils modernes offrent une grande liberté de mouvement, mais ils ont tout de même leurs limites. Il est important que le participant reste dans ce qu’on appelle la « zone de détection », c’est-à-dire la zone dans laquelle la caméra d’oculométrie est capable de suivre ses yeux avec précision.

Si le participant s’éloigne trop de l’oculomètre, la caméra ne sera pas en mesure de détecter ses yeux de manière fiable.
Assurez-vous que le participant est confortablement assis devant l’oculomètre et qu’il sait qu’il ne doit pas trop bouger.
Si l’expérience nécessite davantage de mouvements, il est toujours possible d’utiliser des lunettes d’oculométrie ou des configurations multicaméras sophistiquées.
3. Obstruction
L’oculométrie nécessite une ligne de visée dégagée entre les yeux et la caméra. Cela semble évident pour toute la durée de l’expérience, mais même de brèves interruptions peuvent priver de données cruciales.
Si la première mesure à prendre pour éviter les interruptions consiste à s’assurer que le participant sait qu’il ne doit pas se couvrir les yeux, les caractéristiques techniques de l’oculomètre peuvent également avoir une incidence.
Les différents oculomètres présentent des taux de reprise variables, c’est-à-dire la rapidité avec laquelle l’appareil peut détecter à nouveau les yeux après une interruption. Si vous pensez que cela risque de se produire, assurez-vous de disposer d’un appareil capable de se remettre rapidement en marche.

En éliminant les obstacles et en utilisant un oculomètre doté d’un taux de rafraîchissement élevé, ce problème ne devrait pas se poser lors d’une expérience.
Certains appareils d’oculométrie sont même capables de détecter et de suivre les yeux même si le participant porte des lunettes de soleil. Si cela permet évidemment à vos participants de rester stylés pendant la collecte de données, cela offre également plus de souplesse aux participants, ce qui renforce le caractère réaliste de l’étude (et c’est ce qu’il y a de plus cool).
4. Étalonnage
Un bon étalonnage – pour chaque participant – est vraiment indispensable. Si l’appareil est mal étalonné, ces erreurs se répercuteront sur les résultats, ce qui pourrait rendre votre expérience sans intérêt. C’est évidemment une situation que vous souhaitez éviter.
La plupart des oculomètres s’étalonnent rapidement et facilement, mais il est important de s’assurer que l’opération est effectuée correctement. Il est plus rapide de refaire l’étalonnage que de recommencer toute l’expérience.

Un bon étalonnage est indispensable pour toute étude d’oculométrie.
5. Qualité des données
Un aspect qui est trop souvent négligé est la qualité des données issues des expériences d’oculométrie. La qualité des données ne se limite pas à la durée pendant laquelle l’appareil a pu suivre les yeux, mais concerne également la précision de ce suivi.
Il peut être important de vérifier ces deux aspects pour s’assurer que vos données vous fournissent bien les informations que vous recherchez.
À découvrir : les 10 indicateurs et termes les plus utilisés en eye tracking
Par ailleurs, l’eye tracking présente certaines limites qui pourraient vous empêcher d’accéder à certaines informations et découvertes. Comme cette technique est principalement utilisée pour mettre en évidence les processus attentionnels, elle permet de savoir « quoi », mais pas « pourquoi ».

Pour que la collecte de données soit efficace, celles-ci doivent non seulement être exactes, mais aussi adaptées à l’objet de la recherche.
En d’autres termes, il ne fournit aucune information sur la valence émotionnelle (émotion positive ou négative) que ressent une personne. D’autres biocapteurs permettent de combler cette lacune, vous offrant ainsi une vision complète de la situation.
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En résumé, vous devez vous assurer que l’éclairage est optimal, que les mouvements sont raisonnables compte tenu du type de dispositif de suivi oculaire utilisé, que les obstacles sont limités, que l’étalonnage a bien été effectué et que les données utilisées sont à la fois précises et pertinentes.
Applications universitaires
Historiquement, l’oculométrie a été utilisée dans divers domaines de recherche, ainsi que pour de nombreuses applications dans le secteur commercial. En psychologie, il est essentiel de comprendre quand et comment les gens regardent pour saisir comment l’attention est répartie. Par exemple, l’oculométrie est utilisée dans le
Test d’association implicite
Test de Stroop
Groupe de travail sur les jeux d’argent de l’Iowa.
Ces autres recherches en psychologie visent à mieux comprendre les processus cognitifs qui sous-tendent l’attention, l’apprentissage et la mémoire.
Dans le domaine médical, l’ET peut être utilisée pour diagnostiquer des troubles neurologiques tels que le TDAH, les troubles du spectre autistique, le TOC, la schizophrénie, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer, et continue d’être mise à profit pour faire avancer la recherche dans ces domaines. De plus, l’ET peut servir à détecter des états de somnolence ou à soutenir d’autres domaines d’application médicale, d’assurance qualité ou de surveillance, et ces domaines ne cessent de s’étendre et de déboucher sur de nouveaux axes de recherche passionnants.

Applications commerciales
Au cours des dernières décennies, l’oculométrie a pris une importance croissante dans le domaine des études de marché. De nombreuses grandes marques ont recours à cet outil pour évaluer leurs produits, leurs designs et leurs campagnes publicitaires. Les chercheurs en marketing utilisent à la fois des lunettes d’oculométrie portables et des solutions sur écran pour analyser le comportement d’achat de leurs clients, dans le but d’optimiser l’expérience client globale.

À lire : Comment réaliser des tests de produits : les tests en rayon
En neuromarketing, l’analyse de ce que les gens remarquent ou ignorent, ainsi que de la manière dont l’attention visuelle est répartie, peut s’avérer cruciale pour déterminer les designs d’emballage, les agencements de magasin et les présentoirs en point de vente les plus efficaces. L’oculométrie appliquée à l’ergonomie et à l’expérience utilisateur constitue également un domaine émergent qui utilise ces méthodologies. L’évaluation de sites web en est un cas d’utilisation majeur. Les chercheurs en marketing utilisent l’oculométrie pour étudier les schémas de regard sur les anciennes et nouvelles conceptions de sites web afin de mesurer, par exemple, l’attention portée aux espaces, à la communication et aux appels à l’action (CTA). Des applications similaires peuvent également être utilisées pour les applications mobiles sur tablettes et smartphones.
En savoir plus sur le comportement des consommateurs
L’oculométrie est également utilisée dans la recherche sur les emballages, notamment pour la conception de ceux-ci, afin de comprendre ce qui attire l’attention, quels éléments ou informations risquent de passer inaperçus, ainsi que les préférences générales des clients. De cette manière, les chercheurs cherchent à s’assurer que l’emballage d’un produit se démarque visuellement dans les rayons et attire efficacement l’attention sur les images et les informations marquantes qui y figurent. L’optimisation de la manière dont un emballage attire l’attention et de la répartition de cette attention peut contribuer à inciter les consommateurs à l’achat.

Découvrez les applications dédiées à la performance et à l’entraînement
La méthodologie de l’oculométrie a également été introduite dans les domaines de l’interaction homme-machine, de la réalité virtuelle et de l’industrie du jeu vidéo afin de permettre aux concepteurs de jeux de mieux comprendre l’expérience de jeu. Ces informations peuvent permettre aux concepteurs de mieux maîtriser l’expérience, d’optimiser la convivialité et de créer des fonctionnalités qui repoussent encore plus loin les limites de la réalité et améliorent l’expérience de jeu des utilisateurs.
Dans le secteur des médias, l’oculométrie est utilisée pour mesurer la répartition de l’attention sur les publicités, les bandes-annonces, les films complets, les émissions de télévision et bien d’autres contenus. Alors que la réponse galvanique de la peau (GSR) permet d’obtenir des informations globales et instantanées sur l’excitation émotionnelle et l’engagement du public tout au long d’un contenu créatif, l’oculométrie offre un aperçu de la manière dont l’attention visuelle se répartit aux moments clés.
L’oculométrie peut fournir une mine d’informations sur l’expérience visuelle des consommateurs et des utilisateurs face à un large éventail de supports d’information, de produits et d’expériences. Envisagez d’intégrer l’oculométrie à vos méthodes de recherche afin de compléter les méthodes traditionnelles.
J’espère que vous avez apprécié cet article sur les 5 éléments essentiels de la recherche en eye tracking. Pour un guide plus complet :

