Découvrez comment le projet DigitAS décrypte l’impact de la réalité augmentée sur la perception humaine. Une analyse factuelle montre que, si la plupart des contenus publiés sur les réseaux sociaux sont positifs, l’oculométrie mobile révèle que les commentaires numériques négatifs captent davantage l’attention subconsciente et augmentent le stress, altérant ainsi l’expérience « sur place » des espaces physiques en plein air.
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Les avancées technologiques, qu’il s’agisse des réseaux sociaux mobiles ou de la réalité virtuelle et augmentée, peuvent sembler intimidantes. Cependant, leur progression ne va pas ralentir et la technologie est en passe de prendre chaque jour davantage de place dans nos vies. Pour éviter que la technologie ne nous dépasse, il est essentiel de développer de nouvelles méthodologies permettant de mesurer son impact sur le comportement humain. C’est la raison pour laquelle le projet DigitAS a vu le jour.
Le projet DigitAS, financé par l’Académie autrichienne des sciences, développe, teste, recoupe et compare, depuis 2019, des méthodologies numériques, de biodétection et qualitatives afin d’étudier les effets de l’interaction des individus avec la sphère numérique sur leurs expériences affectives inconscientes et émotionnelles conscientes de l’espace. Les chercheurs Tabea Bork-Hüffer, Katja Kaufmann, Niklas Gudowsky-Blatakes et Martin Rutzinger, ainsi que Magnus Bremer, Andreas Kollert, Veit Baade, Jacqueline Kowalski, Jan Misera et Johannes Melchert, se sont réunis pour se concentrer sur le développement de méthodes dans le contexte des humanités numériques.
Fusionner les espaces extérieurs physiques et numériques
Au cours des dernières décennies, Internet est devenu la plus grande plateforme de partage d’informations au monde. Au départ, l’accès aux contenus en ligne n’était possible que via des connexions Wi-Fi, dans des lieux fixes et à des tarifs élevés. Cependant, au fil des années, le coût de l’information a baissé avant que ne survienne le changement le plus radical : l’accès aux données pour tous. Disposer d’une connexion de données sur son smartphone permet d’accéder à l’information partout et à tout moment, même à l’extérieur. Le développement des smartphones s’est accompagné de plusieurs autres fonctionnalités, telles que des appareils photo de haute qualité et la réduction du poids de l’appareil. La combinaison de ces facteurs a rendu les smartphones faciles à transporter et a incité les utilisateurs à enregistrer leur environnement, ainsi qu’à rechercher des informations en ligne sur place.
Cependant, ces dernières années, les avancées technologiques ont accéléré la fusion de ces technologies. L’arrivée de la réalité augmentée sur des appareils accessibles à tous, tels que les smartphones, les montres connectées et les lunettes intelligentes, a estompé les frontières entre ces deux univers. Les utilisateurs peuvent désormais voir du contenu virtuel dans l’espace réel, parfaitement aligné de telle sorte que la convergence des images semble réelle.
Quel impact cela a-t-il sur la perception qu’ont les gens des espaces extérieurs ?
Inévitablement, la manière dont les individus perçoivent les espaces extérieurs et interagissent avec eux a évolué. D’une part, l’accès à la réalité augmentée et le contact permanent avec les appareils technologiques ont modifié le sentiment d’intimité et d’exposition. Le partage de localisation via les appareils mobiles donne aux individus le sentiment d’être observés et suivis, tout en leur offrant une expérience plus personnalisée. Ce sentiment contradictoire accroît la confusion, car la plupart des individus n’aiment pas être suivis, mais apprécient les avantages d’un contenu basé sur la localisation. Deuxièmement, l’omniprésence de l’information, qui nous pousse à comparer notre expérience à celle des autres et nous expose à leurs opinions, interfère avec le développement de nos sentiments individuels à l’égard d’un lieu ou d’un objet donné. Les préjugés et les jugements se forment dans le cerveau avant même que nous ne nous forgeons notre propre opinion à partir de notre expérience.
Nouvelles méthodologies
À mesure que les technologies de réalité augmentée ne cessent de se développer et de s’améliorer, la recherche doit relever le défi de suivre ce rythme. Il en résulte un important déficit méthodologique dans ce domaine. Le projet DigitAS s’appuie sur un protocole de recherche qui associe des méthodologies qualitatives traditionnelles axées sur la représentation à un suivi oculaire mobile allant au-delà de la simple représentation, dans le cadre d’une étude de terrain quasi-expérimentale.

Les chercheurs ont opté pour une combinaison de méthodes de recherche complexes, alliant technologies mobiles et approches mixtes. Les résultats de l’étude quasi-expérimentale décrite ci-dessous ont montré que la combinaison de ces méthodes de recherche permettait de comparer les contenus réels publiés sur les réseaux sociaux concernant les parcs et les opinions exprimées avec les perceptions sur place. De plus, les réactions subjectives aux parcs et aux contenus des réseaux sociaux ont été recueillies lors d’entretiens rétrospectifs, tout en les comparant à l’attention et à l’intérêt manifestés par les participants grâce à l’oculométrie mobile.
Le projet DigitAS – Étude de cas quasi-expérimentale
L’étude s’est déroulée dans deux parcs autrichiens, selon trois étapes bien définies. La première étape consistait à demander aux participants de raconter leur expérience de promenade dans le parc sans avoir accès à aucun appareil technologique. Dans un deuxième temps, on a demandé aux participants de parcourir le même itinéraire en étant accompagnés d’un appareil mobile, qui leur envoyait régulièrement des messages numériques concernant la zone où ils se trouvaient. Par exemple, des tweets, des publications Instagram ou des vidéos YouTube leur étaient transmis, relayant les commentaires négatifs ou positifs de visiteurs précédents sur la zone. Enfin, on leur a demandé de se remémorer leur expérience et de donner leur avis sur la différence entre les deux promenades, ainsi que sur l’impact qu’ils estimaient que l’appareil mobile avait eu.

Toutes les données des participants ont été enregistrées à l’aide d’un système d’oculométrie mobile, puis analysées à l’aide du logiciel iMotions.
Les conclusions générales de cette étude ont montré qu’après analyse, on a constaté davantage de contenus positifs sur les réseaux sociaux concernant les deux parcs en question. Cependant, bien qu’ils aient été exposés à ces contenus dans le parc, les participants se sont davantage attardés sur les commentaires négatifs, qui ont davantage retenu leur attention, comme l’ont révélé les données d’oculométrie. Certains participants ont ressenti un niveau de stress plus élevé à la lecture de ces contenus sur les réseaux sociaux, ce qui a nui à leur expérience initialement positive du parc.
Chez iMotions, nous nous efforçons d’explorer le vaste domaine de recherche que constitue l’impact de la technologie sur le comportement et la perception humains. Le projet DigitAS dans son ensemble comprend plusieurs objectifs de recherche abordés dans différents articles. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur la page du projet DigitAS.
