Recherche sur le comportement humain : le guide complet

Cet article offre un aperçu complet des différentes méthodologies et principes utilisés dans l’étude du comportement humain. Des études observationnelles aux expériences contrôlées, cet article explore les subtilités de la recherche comportementale, offrant des informations précieuses tant aux chercheurs chevronnés qu’aux débutants dans ce domaine.

Table of Contents

Introduction à la recherche et aux études sur le comportement humain

Les chercheurs universitaires comme les chercheurs du secteur privé s’efforcent de mieux comprendre comment les êtres humains agissent, prennent des décisions, planifient et ressentent les choses. Les progrès réalisés dans le domaine des capteurs portables, associés aux méthodes d’acquisition et d’analyse de données multimodales, permettent depuis peu aux chercheurs du monde entier de percer les secrets jusqu’alors inconnus du cerveau et de l’esprit humains.

Pourtant, comme l’ont souligné Makeig et ses collègues (2009), le principal défi réside dans l’observation et l’interprétation systématiques de la manière dont les processus cérébraux distribués sous-tendent notre comportement et nos fonctions cognitives, qui sont naturels, actifs et évoluent de manière flexible.

Nous sommes tous des acteurs actifs, constamment occupés à satisfaire nos besoins physiques et nos désirs mentaux dans un environnement complexe et en constante évolution, tout en interagissant avec ce dernier. Les structures cérébrales ont évolué pour soutenir les processus cognitifs visant à optimiser les résultats de tous nos comportements liés au corps.

Dans ce guide complet consacré à la recherche sur le comportement humain, vous découvrirez tout ce qu’il faut savoir pour vous lancer dans l’analyse des mécanismes, des émotions et des processus cognitifs qui régissent le comportement humain, en utilisant des méthodes scientifiquement fiables telles que la recherche sur les biocapteurs.

Si vous préférez simplement avoir un aperçu rapide des domaines d’application, consultez notre liste de 100 applications différentes.

Remarque : cet article est un extrait de notre Guide du comportement humain. Vous pouvez télécharger votre exemplaire gratuit ci-dessous et découvrir encore plus d’informations sur le comportement humain.

Mais qu’est-ce que le comportement, au juste ?

Dans la recherche scientifique, le comportement humain résulte d’une interaction complexe entre trois éléments : les actions, la cognition et les émotions.

Ça vous semble compliqué ? Abordons-les un par un.

ressentir, agir et penser : des flèches formant un cercle

Les actions sont des comportements

Une action désigne tout ce qui peut être observé, que ce soit à l’œil nu ou à l’aide de capteurs physiologiques. Considérez une action comme le déclenchement ou le passage d’un état à un autre : sur un plateau de tournage, le réalisateur crie « action » pour que la scène suivante soit filmée.

Les comportements peuvent se manifester à différentes échelles de temps, allant de l’activation musculaire à l’activité des glandes sudoripares, en passant par la consommation alimentaire ou le sommeil.

Les cognitions sont des comportements

Les cognitions désignent les pensées et les images mentales que l’on garde à l’esprit ; elles peuvent être tant verbales que non verbales. Des phrases telles que « Je dois penser à faire les courses » ou « Je serais curieux de savoir ce qu’elle pense de moi » peuvent être considérées comme des cognitions verbales. En revanche, imaginer à quoi ressemblera votre maison après les travaux de rénovation pourrait être considéré comme une cognition non verbale.

Les capacités cognitives englobent les compétences et les connaissances : savoir utiliser des outils de manière judicieuse (sans se blesser), chanter au karaoké ou être capable de se souvenir de la couleur de la veste de Marty McFly dans « Retour vers le futur » (elle est rouge).

Les émotions, c’est le comportement

On entend généralement par « émotion » toute expérience consciente relativement brève, caractérisée par une intense activité mentale, et un sentiment qui ne résulte ni du raisonnement ni de la connaissance. Elle s’inscrit généralement sur un spectre allant du positif (agréable) au négatif (désagréable).

D’autres aspects physiologiques révélateurs du traitement émotionnel – tels que l’accélération du rythme cardiaque ou de la fréquence respiratoire provoquée par une excitation accrue – échappent généralement à l’œil nu. Tout comme les processus cognitifs, les émotions ne peuvent être observées directement. Elles ne peuvent être déduites qu’indirectement, par exemple en enregistrant l’activité électromyographique faciale (fEMG), en analysant les expressions faciales, en surveillant l’excitation à l’aide d’un ECG, de la réponse galvanique de la peau (GSR), de capteurs respiratoires ou de mesures autodéclarées.

Qu’est-ce que l’étude du comportement humain ?

L’étude du comportement humain est un domaine fascinant et complexe qui explore les innombrables façons dont les individus pensent, agissent et interagissent. Cette approche multidisciplinaire s’appuie sur la psychologie, la sociologie, l’anthropologie et même la biologie pour offrir une vision globale des actions humaines et des dynamiques sociales.

À la découverte des études sur le comportement humain

Les études sur le comportement humain visent à comprendre les raisons qui sous-tendent les actions et les réactions. Cette exploration consiste à examiner à la fois les comportements innés et acquis, la manière dont les facteurs environnementaux influencent les actions, ainsi que l’impact des processus mentaux sur la prise de décision. Les chercheurs ont recours à diverses méthodes, allant des expériences contrôlées en laboratoire aux observations sur le terrain, afin d’assurer une compréhension globale du comportement humain dans des contextes variés.

L’importance de l’étude de l’être humain

Comprendre le comportement humain est essentiel pour de nombreuses raisons. Cela permet de prévoir les réactions dans différentes situations, ce qui s’avère inestimable dans des domaines tels que le marketing, l’élaboration des politiques et la thérapie. De plus, l’étude du comportement aide à résoudre les problèmes sociaux, à améliorer les approches pédagogiques et à renforcer les relations interpersonnelles. En comprenant les motivations sous-jacentes et les facteurs qui influencent les actions, nous pouvons favoriser des interactions plus empathiques et plus efficaces au sein de la société.

Mettre en pratique les enseignements tirés des études sur le comportement humain

Les applications pratiques des études sur le comportement humain sont vastes et variées. Dans le domaine de la santé, ces connaissances contribuent à l’élaboration de meilleures stratégies de soins aux patients et d’initiatives de santé publique. Dans le monde des affaires, la compréhension du comportement des consommateurs guide le marketing et le développement de produits. Dans le domaine de l’éducation, la compréhension des modes d’apprentissage permet de mettre au point des méthodes pédagogiques plus efficaces. De plus, dans le domaine des politiques publiques, ces connaissances servent de base à l’élaboration de lois et de réglementations qui tiennent compte des tendances comportementales de la population.

L’étude du comportement humain n’est pas seulement une discipline académique, mais un outil qui, lorsqu’il est utilisé à bon escient, peut améliorer considérablement la qualité de vie et favoriser le progrès social. Ce domaine ne cesse d’évoluer, laissant entrevoir des perspectives et des applications encore plus prometteuses pour l’avenir.

Tout est lié

Les actions, les pensées et les émotions ne fonctionnent pas indépendamment les unes des autres : c’est leur interaction harmonieuse qui vous permet de percevoir le monde qui vous entoure, d’être à l’écoute de vos désirs profonds et de réagir de manière appropriée aux personnes qui vous entourent. Il est toutefois difficile de déterminer avec précision ce qui relève de la cause et ce qui relève de l’effet : le fait de tourner la tête (action) et de voir un visage familier peut provoquer un élan soudain de joie (émotion), accompagné d’une prise de conscience intérieure (pensée) :

Action = émotion (joie) + cognition (« Tiens, voilà Pierre ! »)

dessin représentant deux hommes, l'un sans visage et l'autre avec une bouche souriante

Dans d’autres cas, la relation de cause à effet peut s’inverser : comme vous êtes triste (émotion) et que vous ruminez des problèmes relationnels (cognition), vous décidez d’aller vous promener pour vous changer les idées (action).

Émotion (tristesse) + réflexion (« Je devrais aller faire un tour ») = action

Une personne triste - Recherche sur le comportement humain

À retenir : ce qu’il faut savoir…

Les êtres humains sont des consommateurs actifs d’impressions sensorielles

Vous bougez activement votre corps pour atteindre des objectifs cognitifs et satisfaire vos désirs, ou pour vous mettre dans un état émotionnel positif (ou sortir d’un état négatif). En d’autres termes : bien que la cognition et les émotions ne puissent être observées directement, elles sont sans aucun doute le moteur de l’exécution d’actions observables. Par exemple, en bougeant votre corps pour atteindre des objectifs cognitifs et satisfaire vos désirs, ou pour vous mettre dans un état émotionnel positif (ou sortir d’un état négatif).

Les représentations mentales dépendent du moment et de la situation

Le premier aspect est important, car il faut associer les réponses aux stimuli de manière dynamique, en fonction des intentions et des instructions. Cela permet de réagir à un même stimulus de façons quasi illimitées. La stabilité, en revanche, est essentielle pour maintenir des relations stimulus-réponse durables, ce qui permet de réagir de manière cohérente à des stimuli similaires.

L’imagination et la cognition abstraite sont ancrées dans le corps

Même les processus cognitifs abstraits (dépourvus d’interaction physique directe avec l’environnement) sont ancrés dans le corps. Le simple fait d’imaginer des mouvements des membres stimule les mêmes zones cérébrales que celles sollicitées lors de l’exécution effective de ces mouvements. Lorsque l’on répète des informations dans la mémoire de travail, les mêmes structures cérébrales que celles utilisées pour la perception et la production de la parole sont activées (Wilson, 2001).

Apprentissage et comportement

Lorsque l’on parle de comportement, il faut tenir compte de la manière dont il s’acquiert. L’apprentissage désigne tout processus d’acquisition de nouvelles compétences et connaissances, de préférences, d’attitudes et d’évaluations, ainsi que de règles sociales et de considérations normatives.

Vous avez sûrement déjà entendu parler du débat « nature contre culture » : par le passé, ce sujet a donné lieu à de vifs débats pour savoir si le comportement était uniquement déterminé par des prédispositions génétiques (la nature) ou par des facteurs environnementaux (la culture).

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de choisir entre l’un ou l’autre. Les preuves de l’influence tant de l’hérédité que de l’environnement sont tout simplement trop nombreuses : on considère désormais que le comportement résulte de l’interaction entre ces deux facteurs.

Les cadres théoriques actuels soulignent également le rôle actif de l’individu dans l’acquisition de nouvelles compétences et connaissances. Vous êtes capable d’évoluer et de vous transformer grâce à l’acquisition continue de compétences tout au long de la vie, ce qui peut avoir des répercussions au niveau neurologique. On pourrait dire que cela revient à donner une dimension neuroscientifique à l’expression « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ».

Conditionnement classique

Le conditionnement classique désigne un processus d’apprentissage dans lequel on apprend des associations stimulus-réponse : par exemple, la vue d’un plat appétissant déclenche généralement une salivation (miam !). La nourriture sert ici de stimulus inconditionnel, tandis que la salivation est la réponse inconditionnelle.

Stimulus inconditionnel -> réponse inconditionnelle

Voir de la nourriture -> salivation

gamelle pour chien

Si la présence de nourriture est systématiquement associée à un stimulus (auparavant) neutre, tel que le son d’une cloche, un nouvel apprentissage de l’association stimulus-réponse s’opère.

stimulus non conditionné + stimulus conditionné → réponse non conditionnée

voir de la nourriture + entendre la cloche -> salivation

Dessin représentant une cloche qui sonne et une gamelle pour chien

La cloche devient un stimulus conditionné et est suffisamment puissante pour déclencher la salivation, même en l’absence de nourriture.

stimulus conditionné -> réponse

sonnerie -> salivation

dessin représentant une cloche qui sonne

Ce processus d’apprentissage, qualifié de généralisation, a été étudié pour la première fois par Ivan Pavlov et son équipe (1927) dans le cadre d’expériences menées sur des chiens ; c’est pourquoi le conditionnement classique est également appelé « conditionnement pavlovien ».

Aujourd’hui, le conditionnement classique est l’un des processus d’apprentissage fondamentaux les mieux compris.

Conditionnement opérant

Le conditionnement opérant, également appelé conditionnement instrumental, désigne un type d’apprentissage dans lequel l’intensité d’un comportement est modifiée par les conséquences (récompense ou punition) signalées par les stimuli qui le précèdent.

Dans le conditionnement opérant comme dans le conditionnement classique, le comportement est influencé par des stimuli environnementaux ; toutefois, ces stimuli diffèrent par leur nature. Dans le conditionnement opérant, le comportement est influencé par des stimuli présents au moment où ce comportement est récompensé ou puni.

Le terme « conditionnement opérant » a été inventé par B.F. Skinner. En tant que comportementaliste, Skinner estimait qu’il n’était pas vraiment nécessaire de se pencher sur les pensées et les motivations internes pour expliquer le comportement. Il proposait plutôt de ne prendre en considération que les causes externes et observables du comportement humain.

Selon Skinner, les actions qui s’accompagnent de résultats souhaitables ont plus de chances d’être répétées, tandis que celles qui s’accompagnent de résultats indésirables ont moins de chances de l’être. À cet égard, le conditionnement opérant repose sur un principe assez simple : un comportement suivi d’un renforcement sera consolidé et aura plus de chances de se reproduire à l’avenir.

psychologie du comportement humain

Les concepts clés du conditionnement opérant sont les suivants :

  • Le renforcement positif (également appelé simplement « renforcement ») se produit lorsqu'un comportement est gratifiant, ce qui augmente la fréquence de ce comportement.
  • Le renforcement négatif (par évitement) se produit lorsqu'un comportement est suivi de la suppression d'un stimulus aversif, ce qui augmente la fréquence de ce comportement.
  • On parle de punition lorsqu'un comportement est suivi d'un stimulus aversif, ce qui entraîne une diminution de ce comportement.
  • On parle de punition lorsqu'un comportement est suivi de la suppression d'un stimulus gratifiant
  • L'extinction se produit lorsqu'un comportement qui avait auparavant été renforcé cesse d'être efficace.

Ces théories de l’apprentissage nous aident à comprendre comment nous recueillons des informations sur le monde qui nous entoure. Notre façon d’apprendre est évaluée tant sur le plan émotionnel que physiologique. Cela aura des répercussions sur notre manière d’agir et sur nos comportements futurs : ce à quoi nous prêtons attention et les sentiments que cela suscite en nous.

une maman assise sur un canapé avec deux jeunes enfants, tous les yeux rivés sur l'écran d'une tablette

Décisions et comportements

Si le comportement s’acquiert par l’apprentissage, la décision de l’individu d’accomplir une action ou de s’abstenir d’un certain comportement dépend des incitations, des avantages et des risques qui y sont associés (« si Pierre a été sanctionné pour avoir fait cela, je ne le ferai certainement pas ! »).

Mais quels sont les facteurs qui influencent nos décisions ? Des théories telles que la théorie de l’apprentissage social fournissent un ensemble de caractéristiques de base, mais l’une des théories psychologiques les plus influentes sur la prise de décision trouve en réalité son origine dans une revue d’économie.

En 1979, Daniel Kahneman et Amos Tversky ont publié un article proposant un cadre théorique appelé « théorie des perspectives ». Ce travail a jeté les bases des réflexions et des études ultérieures de Kahneman sur le comportement humain, qui ont été résumées dans son best-seller « Penser, vite et lentement ».

choix de direction, comportement

Système 1 et Système 2

Les théories de Kahneman portaient également sur la manière dont les gens traitent l’information. Il a avancé l’hypothèse selon laquelle deux systèmes déterminent notre prise de décision : le système 1, qui est rapide mais relativement imprécis, et le système 2, qui est lent mais plus précis.

Selon cette théorie, nos décisions quotidiennes, qu’il s’agisse d’acheter notre café du matin ou de faire des choix de carrière, s’inscrivent dans l’une de ces deux catégories. Nous adoptons des approches différentes selon les circonstances.

Système 1 contre système 2

Prise de décision et émotions

Le comportement humain et la prise de décision sont fortement influencés par les émotions, même de manière subtile, que nous ne percevons pas toujours. Après avoir pris une décision motivée par des émotions, nous avons tendance à continuer de nous appuyer sur le raisonnement imparfait qui l’a sous-tendue, et « une émotion accessoire modérée dans la prise de décision peut perdurer plus longtemps que l’expérience émotionnelle elle-même », comme le soulignent Andrade et Ariely (2009).

Une étude illustrant l’influence de la manipulation de l’humeur sur la prise de décision a été menée par des chercheurs qui souhaitaient déterminer dans quelle mesure la volonté d’aider pouvait être influencée par des sentiments positifs.

Pour étudier cette question, ils ont placé une pièce de 25 cents bien en vue dans une cabine téléphonique (oui, ces choses-là existaient vraiment !) et ont attendu que des passants la trouvent. Un comédien travaillant pour le compte du psychologue est alors intervenu, demandant à passer un appel urgent. Les participants à l’étude qui avaient effectivement trouvé la pièce étaient nettement plus heureux et autorisaient le complice à passer son appel, tandis que ceux qui ne l’avaient pas trouvée n’étaient pas affectés et avaient davantage tendance à refuser (Isen & Levin, 1972).

Gros plan sur un téléphone ancien

Introduction à la recherche sur le comportement humain

La recherche sur le comportement humain s’intéresse à la manière dont les gens agissent et aux raisons qui les poussent à agir ainsi. Cependant, comme vous l’avez vu dans les sections précédentes, le comportement humain est très complexe, car il est influencé, modulé et façonné par de multiples facteurs dont l’individu n’a souvent pas conscience : qu’ils soient manifestes ou cachés, logiques ou illogiques, volontaires ou involontaires.

Comportement conscient vs comportement inconscient

La conscience est un état qui permet d’être conscient de ses pensées et de ses sentiments intérieurs, ainsi que de percevoir et d’assimiler correctement les informations provenant de l’environnement.

Une grande partie de nos comportements est guidée par des processus inconscients. Tout comme un iceberg, il existe une multitude d’informations cachées, dont seule une partie est visible à l’œil nu.

Comportement conscient vs comportement inconscient

Comportement manifeste vs comportement caché

Le comportement manifeste désigne tous les aspects du comportement qui peuvent être observés, par exemple les mouvements du corps ou les interactions. De même, les processus physiologiques tels que le rougissement, les expressions faciales ou la dilatation de la pupille peuvent être subtils, mais restent néanmoins observables. Les processus cachés sont les pensées (cognition), les sentiments (émotions) ou les réactions qui ne sont pas facilement perceptibles. Les changements subtils dans les processus corporels, par exemple, échappent au regard de l’observateur.

Dans ce cas, on utilise des capteurs biologiques ou physiologiques pour faciliter l’observation grâce à des mesures quantitatives, car ils permettent de mettre en évidence des processus qui, a priori, sont cachés. Selon cette définition, l’EEG, la MEG, l’IRMf et la fNIRS permettent tous de surveiller des processus physiologiques reflétant des comportements cachés.

Comportement rationnel vs comportement irrationnel

On peut considérer comme un comportement rationnel toute action, émotion ou pensée qui relève de la raison, est influencée par celle-ci ou guidée par elle. À l’inverse, le comportement irrationnel désigne des actions qui ne sont pas objectivement logiques.

Les patients souffrant de phobies reconnaissent souvent que leurs pensées et leurs peurs sont irrationnelles (« Je sais que l’araignée ne peut pas me faire de mal ») – même s’ils ne parviennent pas pour autant à résister à l’envie d’agir d’une certaine manière.

Guide sur les comportements liés aux phobies

Comportement volontaire ou involontaire

Les actions volontaires sont le fruit d’un choix personnel et découlent de vos désirs et de vos décisions. À l’inverse, les actions involontaires désignent toute action effectuée sans intention ou malgré une tentative de l’empêcher. En psychothérapie cognitivo-comportementale, par exemple, les patients sont exposés à des situations problématiques, une technique également appelée « immersion », telles que la présence d’araignées, une exposition en public ou un vol transatlantique.

des personnes assises dans un avion

Bon nombre de nos comportements semblent volontaires, rationnels, manifestes et conscients ; pourtant, ils ne constituent que la partie émergée de l’iceberg du comportement humain normal. La majorité de nos actions sont involontaires, potentiellement irrationnelles, et guidées par notre subconscient. Pour accéder à cette autre facette du comportement, il faut examiner les comportements cachés qui en découlent.

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Mesurer le comportement humain

Afin de décrire et d’interpréter le comportement humain, les chercheurs universitaires et privés ont mis au point des techniques sophistiquées permettant de collecter des données révélatrices des traits de personnalité, des états cognitifs et affectifs ainsi que des stratégies de résolution de problèmes.

Dans le cadre d’expériences, il est possible de vérifier des hypothèses spécifiques concernant les relations entre les stimuli et les réponses. De manière générale, les techniques de recherche utilisées par les scientifiques peuvent être classées en deux catégories : les méthodes qualitatives et les méthodes quantitatives.

Les études qualitatives permettent de recueillir des informations non chiffrées, par exemple en analysant des extraits de journaux intimes, en utilisant des questionnaires ouverts, en menant des entretiens non structurés ou en procédant à des observations. Les études qualitatives de terrain ou d’ergonomie, par exemple, visent à comprendre comment les participants perçoivent le monde et pourquoi ils réagissent d’une certaine manière, plutôt que de simplement compter les réponses et d’analyser les données d’un point de vue statistique.

Les études quantitatives font appel à des techniques statistiques, mathématiques ou informatiques utilisant des chiffres pour décrire et classer les comportements humains. Parmi les techniques quantitatives, on peut citer les enquêtes structurées, les tests ainsi que les observations accompagnées de systèmes de codage spécifiques. De même, les mesures physiologiques issues de l’EEG, de l’EMG, de l’ECG, de la GSR et d’autres capteurs fournissent des données quantitatives, permettant ainsi aux chercheurs de traduire les observations comportementales en chiffres discrets et en résultats statistiques.

échelles quantitatives et qualitatives

Observation comportementale

L’observation comportementale est l’un des outils les plus anciens utilisés dans la recherche psychologique sur le comportement humain. Les chercheurs se rendent soit chez les personnes dans leur environnement naturel (étude sur le terrain), soit invitent des individus ou des groupes à se rendre au laboratoire.

Les observations sur le terrain présentent plusieurs avantages. Les participants sont généralement plus détendus et moins gênés lorsqu’ils sont observés chez eux, à l’école ou sur leur lieu de travail. Tout leur est familier, ce qui permet une observation relativement spontanée de leur comportement, ancré dans l’environnement naturel de la personne ou du groupe étudié.

Cependant, il y a toujours un risque de distraction : des voisins qui crient ou des téléphones qui sonnent. Les observations sur le terrain constituent un point de départ idéal pour toute étude comportementale. Le simple fait de s’asseoir et d’observer les gens permet d’obtenir une multitude d’informations, à condition de savoir se concentrer sur une question ou un aspect spécifique du comportement.

En revanche, l’observation en laboratoire permet un contrôle bien plus précis des conditions expérimentales. Il est possible d’écarter tout élément indésirable, d’interdire totalement l’utilisation des smartphones, de contrôler l’aménagement de la pièce et de s’assurer que tout est prêt pour garantir des conditions d’enregistrement optimales (éclairage adéquat, environnement calme, etc.).

Vous pouvez recréer des environnements de laboratoire quasi réalistes — en reproduisant, par exemple, un salon familial typique, un espace de bureau ou un espace de création — afin que les participants se sentent à l’aise et adoptent un comportement plus naturel.

observation comportementale

Sondages et questionnaires

Les enquêtes et les questionnaires constituent un excellent outil pour recueillir des informations sur les comportements et les compétences déclarés par les répondants, ainsi que sur leurs états mentaux ou émotionnels ou leurs profils de personnalité. Cependant, les questionnaires ne sont jamais qu’un instantané et ne reflètent que certains aspects du comportement, des pensées et des émotions d’une personne.

Les sondages et les questionnaires mesurent généralement ce que Kahneman qualifierait de processus du système 2, c’est-à-dire des pensées qui s’effectuent lentement et de manière réfléchie. Les processus du système 1, c’est-à-dire les pensées rapides et automatiques, peuvent être mesurés à l’aide d’autres méthodes qui détectent des changements physiologiques rapides.

observation du comportement humain

Groupes de discussion

Dans le domaine des études de marché, les groupes de discussion sont généralement composés d’un petit nombre de participants (entre 4 et 15 environ) réunis autour d’un animateur afin d’échanger sur leurs opinions et leurs attitudes à l’égard d’un produit, d’un service, d’un concept, d’une publicité, d’une idée ou d’un emballage. Les groupes de discussion constituent des outils qualitatifs, car leur objectif est de favoriser la discussion au sein du groupe plutôt que de parvenir à des conclusions individuelles.

Quels sont les avantages d’un produit, quels sont ses inconvénients, dans quels domaines pourrait-il être amélioré, et quels sont les publics cibles idéaux ? Toutes ces questions peuvent être abordées lors d’un groupe de discussion.

Au-delà des sondages et des groupes de discussion

Si les sondages et les groupes de discussion peuvent s’avérer très utiles pour comprendre nos pensées et nos émotions conscientes, le comportement humain ne se limite pas à ce que l’on voit à première vue. C’est l’inconscient qui détermine en fin de compte la manière dont nous agissons, et les méthodes traditionnelles – à savoir les sondages et les groupes de discussion – ne permettent d’en saisir qu’une infime partie.

Comme l’ont fait remarquer certains chercheurs, jusqu’à 90 % de nos actions sont guidées par le subconscient. Bien que les 10 % restants aient leur importance, il est évident qu’il y a beaucoup à gagner à aller au-delà de ce que permettent les méthodes traditionnelles.

Les approches modernes visent à explorer les recoins cachés et inexplorés de l’inconscient, en mesurant des indicateurs fiables qui fournissent des informations plus approfondies sur ce qu’une personne pense réellement.

Une barre de progression indiquant que 90 % du comportement humain reste inconnu, tandis que les 10 % restants peuvent être en partie évalués à l'aide de sondages, d'entretiens, de groupes de discussion, etc.

Les biocapteurs au service de l’étude du comportement humain

Outre l’observation des comportements manifestes, vous pouvez recourir à des biocapteurs et à des appareils de mesure pour comprendre comment l’esprit, le cerveau et le corps interagissent.

Les biocapteurs permettent d’observer des processus qui, sans cela, resteraient invisibles. Ces processus habituellement cachés (du moins aux yeux d’un observateur) peuvent fournir des indications sur les processus cognitifs que Daniel Kahneman qualifierait de relevant du « Système 1 » : des réactions rapides et largement guidées par les émotions. Ces réactions constituent des processus rapides qui sous-tendent une grande partie de notre prise de décision et du comportement qui en découle.

Suivi du regard

offre des informations incroyablement précises sur l’attention visuelle, bien au-delà de ce que permet toute autre méthode expérimentale. Si l’oculométrie est couramment utilisée pour suivre la direction de nos mouvements oculaires à un moment donné, elle permet également de mesurer la dilatation de la pupille.

gros plan sur un œil

Électroencéphalographie (EEG)

Il s’agit d’une technique de neuroimagerie qui mesure l’activité électrique générée par le cerveau à la surface du cuir chevelu à l’aide de capteurs (électrodes) et de systèmes d’amplification. Elle est idéale pour évaluer l’activité cérébrale liée à la perception, à la cognition et aux processus émotionnels.

Parmi tous les biocapteurs, l’EEG offre la meilleure résolution temporelle, ce qui permet d’obtenir des informations précieuses sur la dynamique cérébrale à l’échelle de la fraction de seconde concernant l’engagement, la motivation, la frustration, la charge cognitive, ainsi que d’autres paramètres liés au traitement des stimuli, à la préparation de l’action et à son exécution.

crâne en plastique

spectroscopie fonctionnelle dans le proche infrarouge (fNIRS)

La fNIRS enregistre la diffusion de la lumière proche infrarouge à travers le crâne, le cuir chevelu et les tissus cérébraux humains, ce qui permet aux chercheurs de surveiller le débit sanguin cérébral dans des régions spécifiques du cerveau. Bien que la fNIRS soit une technologie relativement récente, elle s’est déjà révélée être un outil très prometteur dans la recherche sur le comportement humain.

Imagerie par résonance magnétique (IRM)

Lorsque vous souhaitez réaliser une imagerie cérébrale avec une excellente résolution spatiale, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) est la méthode de choix. L’IRM permet d’obtenir des images structurelles d’une grande précision spatiale, offrant une représentation 3D fidèle et extrêmement précise du cerveau du sujet.

Pour étudier les changements dynamiques dans le cerveau, on peut recourir à l’IRM fonctionnelle (IRMf). L’appareil utilise des champs magnétiques et des ondes radio pour mesurer les variations du flux sanguin oxygéné et désoxygéné dans des régions spécifiques du cerveau, qui peuvent ensuite être mises en relation avec les processus cognitifs.

Activité électrodermique (EDA)

L’EDA, également appelée réponse galvanique de la peau (GSR), reflète la quantité de sueur sécrétée par les glandes sudoripares de notre peau. Une transpiration accrue entraîne une augmentation de la conductivité cutanée. Lorsque nous sommes exposés à une stimulation émotionnelle, nous « transpirons émotionnellement », en particulier au niveau du front, des mains et des pieds. Tout comme la dilatation de la pupille, la conductance cutanée est contrôlée inconsciemment, offrant ainsi un aperçu précieux de l’excitation émotionnelle brute et impartiale d’une personne.

une main tenant un mètre pliant emmêlé

Expressions faciales

Comme les expressions faciales sont liées à nos émotions profondes et que celles-ci influencent grandement notre comportement, l’étude des expressions faciales permet de mieux comprendre les raisons qui motivent nos actions.

L’analyse des expressions faciales est une méthode non intrusive qui évalue la position et l’orientation de la tête, les micro-expressions (telles que le haussement des sourcils ou l’ouverture de la bouche) ainsi que les expressions faciales globales correspondant aux émotions fondamentales (joie, colère, surprise, etc.) à l’aide d’une webcam placée devant le participant. Les données faciales sont extrêmement utiles pour valider les indicateurs d’engagement, de charge de travail ou de somnolence.

une fille qui sourit les yeux fermés

Électromyographique (EMG)

Les capteurs électromyographiques (EMG) mesurent l’activité électrique générée par les mouvements du visage, des mains ou des doigts, etc. L’EMG permet de suivre les réponses musculaires à tout type de stimulus afin de détecter même les schémas d’activation les plus subtils associés aux mouvements de la main ou des doigts contrôlés consciemment (réflexe de sursaut). De plus, l’EMG facial peut être utilisé pour détecter les sourires et les froncements de sourcils afin d’en déduire la valence émotionnelle d’une personne.

Électrocardiographie (ECG)

Suivre la fréquence cardiaque, ou le pouls, à l’aide d’électrodes d’électrocardiographie (ECG) ou de capteurs optiques (photopléthysmogramme ; PPG) afin d’obtenir des informations sur l’état physique des participants, leur niveau d’anxiété et de stress (état d’éveil), ainsi que sur la manière dont les changements de leur état physiologique influencent leurs actions et leurs décisions.

Comment mettre tout cela en pratique en psychologie du comportement humain

Si les biocapteurs et les techniques d’imagerie offrent un accès sans précédent aux pensées, aux sentiments et aux émotions d’un individu, la meilleure façon de comprendre pleinement une personne consiste à compléter ces mesures par des méthodes plus traditionnelles, telles que les enquêtes et les groupes de discussion.

En combinant ces mesures, nous sommes en mesure d’interpréter les deux aspects de ce que Kahneman a décrit comme le Système 1 et le Système 2 : d’une part, les décisions rapides et guidées par les émotions, et d’autre part, les décisions lentes et réfléchies. L’exploitation des informations fournies par ces deux axes d’analyse permet d’obtenir une vision globale des pensées et des comportements d’un individu.

Le tableau ci-dessous présente une vue d’ensemble des deux méthodes et montre comment leur utilisation combinée permet de répondre à un large éventail de questions.

Psychologie du comportement humain

Indicateurs du comportement humain

Les indicateurs sont issus d’observations ou de données de capteurs et reflètent les processus cognitifs et affectifs qui sous-tendent les actions manifestes et cachées. En général, ils sont obtenus à l’aide de techniques informatiques de prétraitement des signaux et de méthodes statistiques. Nous allons décrire ci-après les indicateurs les plus importants dans la recherche sur le comportement humain.

Valence émotionnelle

L’un des aspects les plus révélateurs du traitement des émotions est votre visage. Les expressions faciales peuvent être surveillées soit à l’aide de capteurs d’électromyographie faciale (fEMG) placés sur certains muscles du visage, soit par des procédures d’analyse des expressions faciales basées sur la vidéo. Le Facial Action Coding System (FACS), principalement conçu par Paul Ekman, est une technique d’observation manuelle très précise. Des codeurs formés, assistés par des logiciels sophistiqués, peuvent évaluer le degré d’activation des unités d’action (AU) modulaires, qui représentent des expressions faciales très brèves et subtiles pouvant durer jusqu’à une demi-seconde.

En se basant sur les variations, de l’ordre de la milliseconde, des schémas d’activation musculaire ou sur les modifications des traits faciaux globaux (hausser un sourcil, froncer les sourcils, relever les coins de la bouche), les chercheurs en comportement déduisent des états émotionnels universels tels que la joie, la colère, la surprise, la peur, le mépris, le dégoût, la tristesse ou la confusion.

Gros plan sur une petite fille souriante, avec de la peinture dans les cheveux, sur le visage et sur ses vêtements

Excitation émotionnelle

Si les expressions faciales peuvent donner une idée de la nature générale d’une réaction émotionnelle (positive ou négative), elles ne permettent pas d’évaluer l’intensité de l’émotion ressentie, telle qu’elle est décrite par le concept d’excitation. L’excitation désigne l’état physiologique et psychologique de réactivité aux stimuli et joue un rôle dans toute forme de régulation de la conscience, de l’attention et du traitement de l’information.

On considère que le système d’éveil humain se compose de plusieurs systèmes neuronaux distincts, mais étroitement interconnectés, situés dans le tronc cérébral et le cortex.

On peut considérer que l’excitation physiologique et la valence émotionnelle s’inscrivent sur un continuum où elles interagissent l’une avec l’autre. L’intensité de l’excitation influence donc l’intensité de l’émotion. La collecte de données sur ces deux processus peut fournir davantage d’informations sur un individu et son comportement.

courbe d'excitation émotionnelle

Bien que tous ces processus se déroulent à l’échelle microscopique et ne soient pas visibles à l’œil nu, l’état d’éveil peut être mesuré à l’aide de plusieurs méthodes psychophysiologiques telles que l’oculométrie, l’EEG, la GSR, l’ECG, la respiration, etc.

Charge de travail et charge
cognitive Les décisions sont souvent prises dans un contexte marqué par diverses contraintes (en termes de temps, d’espace et de ressources), et il existe manifestement un seuil quant à la quantité d’informations que l’on peut prendre en compte. La mémoire de travail désigne le système cognitif chargé de la conservation temporaire et du traitement de l’information, et la recherche en sciences cognitives et comportementales s’intéresse tout particulièrement à cet aspect en raison de son rôle crucial dans le processus décisionnel.

L’effort mental total mobilisé par la mémoire de travail est généralement appelé « charge cognitive ».

Comprendre le comportement humain

Perception et attention
Les stimuli « sautent-ils aux yeux » et suscitent-ils notre intérêt ? Regardons-nous un extrait de film ou une publicité parce qu’ils sont visuellement captivants ? Pour les spécialistes des sciences cognitives et comportementales, il est essentiel de déterminer le niveau de saillance des stimuli et de savoir s’ils captent ou non notre attention. La détection de la saillance est considérée comme un mécanisme attentionnel clé qui facilite l’apprentissage et la survie. Elle nous permet de concentrer nos ressources perceptives et cognitives limitées sur le sous-ensemble le plus pertinent des données sensorielles disponibles.

une télévision vintage dans une pièce

Motivation et engagement
Un autre indicateur pertinent pour les spécialistes de la psychologie cognitivo-comportementale est la motivation, parfois appelée « motivation à l’action ». Elle décrit la tendance à s’approcher ou à éviter des actions, des objets et des stimuli.

Le comportement d’achat est principalement déterminé par l’engagement et la motivation sous-jacente à acheter un produit ; il serait donc utile de pouvoir déduire cette motivation dès la première prise de contact avec un article. Des expériences EEG ont fourni de nombreuses preuves de l’existence de certains schémas d’activation cérébrale reflétant des états de motivation accrus ou diminués.

Outre l’EEG, le niveau d’attention d’une personne peut être évalué à l’aide de l’oculométrie, tant en laboratoire que dans des environnements réels. Des oculomètres à distance sont installés devant un écran d’ordinateur ou de télévision et enregistrent la position du regard des participants sur l’écran.

Les lunettes d’oculométrie constituent le choix idéal pour suivre les variations de l’attention chez des sujets en mouvement libre ; elles permettent ainsi de recueillir des mesures de l’attention dans des environnements réels, tels que des situations d’achat en magasin ou des tests de packaging.

biscuits et pâtisseries exposés dans une boutique

Domaines d’application de la psychologie du comportement humain

Neurosciences appliquées à la consommation et neuromarketing

Il n’y a aucun doute là-dessus : l’analyse des préférences des consommateurs et la mise en place d’une communication convaincante sont des éléments essentiels du marketing. Si les déclarations spontanées et les questionnaires constituent des outils idéaux pour mieux cerner les attitudes et le niveau de sensibilisation des personnes interrogées, ils peuvent toutefois s’avérer limités lorsqu’il s’agit de saisir des réactions émotionnelles non influencées par la conscience de soi et la désirabilité sociale.

Comme les méthodes traditionnelles, telles que les sondages et les groupes de discussion, ne permettent de saisir qu’une partie de notre comportement manifeste et conscient, les biocapteurs offrent un moyen de combler cette lacune.

Recherche en psychologie

Les psychologues étudient la manière dont nous réagissons émotionnellement aux stimuli externes et internes, la façon dont nous nous percevons et percevons les autres, ainsi que notre comportement. Dans le cadre d’études systématiques, les chercheurs peuvent mesurer et modifier les propriétés des stimuli (couleur, forme, durée de présentation) ainsi que les attentes sociales afin d’évaluer l’influence des traits de personnalité et des parcours d’apprentissage individuels sur les processus émotionnels, cognitifs et perceptifs.

Tests médiatiques et publicité

Dans le domaine de la recherche sur les médias, on peut soumettre des participants individuels ou des groupes de discussion à des publicités télévisées, des bandes-annonces et des épisodes pilotes complets tout en observant leurs réactions comportementales, par exemple à l’aide de l’analyse des expressions faciales. Il est essentiel d’identifier les scènes où des réactions émotionnelles étaient attendues mais où le public n’a tout simplement pas « accroché » pour affiner l’attrait de l’émission télévisée. L’analyse des expressions faciales peut également servir à repérer les images clés qui suscitent les expressions faciales les plus marquées, ce qui permet de déterminer à quel moment l’émission a vraiment atteint son objectif.

Conception d’interfaces logicielles et de sites web

Idéalement, l’utilisation d’un logiciel et la navigation sur des sites web devraient être une expérience agréable ; il convient donc de réduire au maximum les niveaux de frustration et de confusion. L’observation du comportement des utilisateurs, par exemple en se basant sur le défilement ou le taux de clics ainsi que sur les expressions faciales, pendant que les testeurs naviguent sur des sites web ou dans les boîtes de dialogue d’un logiciel, peut fournir des indications sur la satisfaction émotionnelle du groupe cible visé.

L’oculométrie est une technologie particulièrement utile, car elle permet de déterminer avec précision ce que l’utilisateur regarde lorsqu’il navigue sur le site web. Associée à d’autres mesures, elle permet de comprendre ce qui a suscité chez lui un sentiment positif ou négatif au cours de cette interaction.

une femme portant des lunettes d'oculométrie en train de prendre du ketchup dans un supermarché
Test de placement de produits en magasin à l’aide de lunettes d’oculométrie

Conclusion

Le comportement humain est un domaine d’étude complexe et dynamique, qui nécessite de multiples angles d’approche pour permettre une meilleure compréhension. Les processus d’apprentissage constituent le fondement de nombreux aspects de notre comportement, même si nous évoluons constamment en fonction de notre environnement. Comprendre nos comportements est une tâche délicate, mais nous nous en approchons de plus en plus. Les méthodes d’étude traditionnelles nous ont beaucoup appris, et aujourd’hui, les biocapteurs peuvent nous ouvrir de nouvelles perspectives.

J’espère que vous avez apprécié cet extrait de notre « Guide de poche complet sur le comportement humain » ; si vous souhaitez en savoir plus et devenir un véritable expert en la matière, n’hésitez pas à télécharger notre guide gratuit ci-dessous !


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