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La psychophysique de l'attirance

Découvrez les fondements scientifiques de l’attirance grâce à la recherche biométrique. Découvrez comment l’oculométrie, la galvanométrie cutanée (GSR), l’électroencéphalogramme (EEG) et les expressions faciales révèlent les réactions inconscientes qui se produisent lorsque nous rencontrons une personne qui nous attire. Découvrez comment l’attirance influence notre cerveau, notre corps et notre comportement, et découvrez les conclusions d’une étude menée par iMotions.

La Saint-Valentin approche à grands pas et, une fois de plus, l’amour et le fait de tomber amoureux occupent le devant de la scène dans la plupart des médias. Mais la première étape vers l’amour, du moins dans notre société moderne, c’est l’attirance.

Dans cet article, nous nous penchons sur la science de l’attirance sous l’angle de la biométrie. Notre question principale est la suivante : comment notre corps et notre cerveau réagissent-ils lorsque nous rencontrons une personne qui nous attire, et qu’est-ce qui nous pousse à poursuivre (ou à entamer) une relation avec elle ?

L’attirance peut prendre différentes formes, mais nous nous intéressons ici à l’attirance amoureuse, c’est-à-dire l’attirance pour une personne dont on pense pouvoir tomber amoureux. Cette attirance amoureuse initiale est cruciale, car elle alimente notre motivation à engager la conversation (va-t-on glisser vers la gauche ou vers la droite ?) et même à envisager une relation (va-t-on lui proposer un troisième, un quatrième ou un cinquième rendez-vous ?).

Même si nous ne pouvons pas vous aider à trouver l’amour de votre vie, nous pouvons au moins vous divertir en vous parlant de la science de l’attirance et des premières étapes du processus amoureux.

Allons-y.

L’attirance modifie notre cerveau, notre corps et notre comportement

Imaginez la scène : vous êtes au milieu d’une foule lors d’une fête (avant la COVID-19) en train de discuter avec des amis proches lorsqu’un inconnu séduisant se joint à vous. Avant même que cet inconnu ne se présente, vous avez déjà évalué l’attrait et la fiabilité de son visage.

En effet, les données issues d’études utilisant des enregistrements EEG ont montré que notre perception et notre jugement de l’attrait physique d’une personne s’opèrent en moins de 200 millisecondes (Ohman et al., 2016) et qu’un signal de 3 Hz est généré dans une partie de votre cerveau appelée le lobe occipital chaque fois que vous détournez le regard d’un de vos amis (moins attirant) pour le porter sur le visage séduisant d’un inconnu (Luo et al., 2019). Ensemble, ces signaux EEG déterminent votre jugement inconscient sur l’attrait de l’inconnu.

Une dizaine de secondes plus tard, votre niveau d’excitation a considérablement augmenté. En l’espace de quelques minutes, vous pourriez sentir vos paumes devenir légèrement moites. L’expression « avoir les mains moites » n’est pas qu’une simple figure de style : vos paumes contiennent de minuscules glandes qui produisent de petites quantités de sueur lorsque vous êtes excité. Plus vous êtes excité, plus vos glandes produisent de sueur. Ce phénomène est également appelé « réponse galvanique de la peau » ou « activité électrodermique ». Des chercheurs ont découvert qu’en présence d’une personne attirante, nous produisons de plus en plus de sueur (Hughes et al. 2010) – ce qui indique que notre excitation augmente.

Attraction

Cela devient en quelque sorte un cercle vicieux, car vous pourriez vous surprendre à passer, sans vous en rendre compte, plus de temps à regarder le visage de cette personne attirante. Des études ont montré que nous passons inconsciemment plus de temps à regarder le visage des personnes attirantes que celui des personnes moins attirantes (Valuch et al., 2015). Vous pourriez ressentir une irrésistible envie de continuer à regarder le visage de cet inconnu, même si vous savez que vous ne devriez pas. En fait, vous pourriez vous sentir presque incapable de vous en empêcher. En effet, des chercheurs ont mis en évidence des similitudes entre les premières phases de l’amour et la dépendance aux drogues (Zou et al., 2016).

À ce stade, vous pourriez avoir envie d’intervenir dans la conversation pour attirer l’attention de cet inconnu. Dès que vous prendrez la parole, vos amis remarqueront sans doute que votre voix a changé : votre timbre est plus grave, et s’ils devaient vous évaluer, ils diraient probablement que votre voix est plus agréable qu’avant l’arrivée de cette personne séduisante (Hughes et al., 2010).

Pendant que vous continuez à penser à quel point cet inconnu est séduisant, votre cerveau génère probablement un type d’activité qui reflète un état d’attention concentrée. Des chercheurs ont découvert que l’attirance romantique et sexuelle génère un type d’activité cérébrale appelé « puissance alpha », en particulier dans le lobe gauche du cerveau (Aghedu et al., 2021 ; Schone et al., 2016).

Lorsqu’une personne pense à quelqu’un avec qui elle entretient une relation amoureuse, cela déclenche une activité de puissance alpha dans une zone du cerveau appelée le lobe pariéto-occipital (Aghedu et al., 2021), tandis que le fait de regarder des images suscitant une attirance sexuelle déclenche une activité de puissance alpha dans le lobe frontal (Schone et al., 2016). L’activité alpha dans le lobe pariéto-occipital gauche reflète un état de relaxation et d’attention concentrée, tandis que l’activité alpha dans le lobe frontal gauche reflète une motivation à s’approcher.

L’activité du lobe frontal est particulièrement intéressante, car elle a été associée à l’état émotionnel des individus ainsi qu’à leur comportement : une puissance alpha frontale plus élevée est synonyme de sentiments plus positifs et d’une plus grande propension à rechercher des « stimuli » (dans ce cas précis, cet inconnu qui vous attire).

En résumé, le fait de trouver une autre personne attirante concentre votre attention sur son visage, fait transpirer vos mains, abaisse le ton de votre voix et augmente l’activité alpha dans votre lobe frontal gauche et votre lobe pariétal-occipital. Et maintenant ? Avec un peu de chance, cet inconnu a ressenti les mêmes effets psychophysiques que vous. Nous espérons que l’activité alpha de votre lobe frontal gauche sera suffisamment forte pour vous motiver tous les deux à vous lancer dans ce premier (et deuxième, troisième, quatrième…) rendez-vous.

Le cerveau de la Saint-Valentin

Étude de l’attraction dans iMotions

En tant que scientifiques, nous avons naturellement voulu mener notre propre étude pour tester les aspects biométriques de l’attirance. Avez-vous déjà entendu parler des « 36 questions pour tomber amoureux de n’importe qui » ? Bien que ces questions soient louées pour leur capacité à faire naître l’amour, on ne sait pas vraiment dans quelle mesure cette « magie de l’amour » repose sur l’attirance physique ou sur les questions elles-mêmes. Afin d’approfondir cette question de recherche cruciale, nous avons créé une version modifiée des « 36 questions pour tomber amoureux de n’importe qui », tout en mesurant la réponse galvanique de la peau, le suivi oculaire et les expressions faciales des sujets.

Mise en place de l'étude sur la Saint-Valentin

Afin de capturer les expressions faciales tant du sujet que de l’enquêteur, nous avons utilisé le stimulus « Face Recording » dans iMotions, ce qui a permis à l’enquêteur de leur poser les questions modifiées « suscitant l’attirance » via une plateforme de réunion virtuelle, après que les sujets eurent rempli un questionnaire évaluant leur degré d’attirance envers leur enquêteur. En effet, plus le sujet était attiré par son intervieweur, plus il était susceptible de générer une réponse d’excitation fréquente et de forte amplitude, tout en regardant constamment le visage de l’intervieweur, et en particulier ses yeux.

Blog de la Saint-Valentin 4

Le fait de trouver l’enquêteur « pas du tout attirant » a entraîné chez le participant une réponse d’excitation nettement plus faible et une diminution spectaculaire du nombre de fois où il a reporté son regard sur le visage et les yeux de l’enquêteur. En effet, on aurait presque dit que les participants qui trouvaient leur enquêteur attirant étaient incapables de détourner les yeux de lui. Malgré le manque d’attention portée aux yeux et au visage de l’intervieweur, les sujets « pas du tout attirés » ont heureusement passé autant de temps à sourire et à afficher des expressions faciales joyeuses que le groupe « très attiré ».

En résumé, le fait de trouver une autre personne attirante a des effets considérables sur notre cerveau, notre corps et nos comportements, dont nous n’avons parfois même pas conscience. Nous vous souhaitons bonne chance dans votre parcours vers l’attirance et tout ce qui l’accompagne.

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