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Comparaison entre les contextes de visionnage en groupe et en solo : aperçu méthodologique

Découvrez comment le contexte de visionnage influence l’attention et l’implication émotionnelle face à un contenu vidéo. Cet article compare le visionnage en solo et le visionnage en groupe à l’aide de l’oculométrie et de capteurs biologiques, et montre comment le visionnage en groupe influe sur l’excitation, les schémas d’attention et l’implication globale lors d’expériences médiatiques telles que le visionnage de bandes-annonces de films.

Dans divers domaines, les chercheurs s’intéressent à une meilleure compréhension de l’engagement des spectateurs vis-à-vis de contenus vidéo tels que les publicités (Heath, 2009), les émissions de télévision et les bandes-annonces de films.

Les recherches antérieures se sont concentrées sur un certain nombre de facteurs permettant de capter au mieux l’attention du spectateur, tels que les récits (Busselle & Bilandzic, 2009), les éléments visuels clés et les aspects structurels des stimuli vidéo (Smith & Gevins, 2009). Des travaux plus récents ont même étudié l’influence des facteurs environnementaux sur l’attention et l’engagement du spectateur.

Plus précisément, une étude réalisée en 2016 par le Council for Research Excellence, menée par Nielsen Consumer Neuroscience, a évalué comment divers facteurs liés à l’environnement de visionnage peuvent influencer l’attention du spectateur. Trois facteurs principaux ont été identifiés comme influençant le comportement des téléspectateurs : l’environnement général de visionnage, l’impact d’un deuxième écran et le visionnage en compagnie d’autres personnes. Alors que les sujets étaient distraits environ 48 % du temps par un deuxième écran ou d’autres facteurs environnementaux, la présence d’un autre spectateur augmentait en réalité la réponse émotionnelle des sujets aux publicités télévisées de plus de 25 %.

Regarder la télévision

Ces résultats suggèrent que le fait de regarder la télévision en compagnie d’une autre personne dans la pièce peut influencer considérablement le comportement des téléspectateurs. Cela soulève la question de savoir si les contextes de visionnage en groupe suscitent un engagement plus fort et des schémas d’attention différents de ceux observés lors d’un visionnage en solitaire.

Pour vérifier cela, nous avons mené une étude rapide visant à évaluer l’engagement émotionnel dans des contextes individuels et sociaux. Nous avons demandé aux participants de prendre part à deux séances distinctes : l’une au cours de laquelle ils regardaient une bande-annonce de film d’horreur seuls (contexte individuel), et l’autre au cours de laquelle ils regardaient la même bande-annonce en compagnie d’un autre participant (contexte social).

L’engagement a été évalué à l’aide de la sudation (GSR) comme indicateur de l’intensité émotionnelle et des expressions faciales comme indicateur de la valence émotionnelle. L’attention visuelle a été évaluée à l’aide d’un système d’oculométrie sur écran.

Configuration du laboratoire pour les essais

La configuration du laboratoire est décrite ci-dessous pour chaque contexte de visionnage. Il convient de noter que, dans le cadre de ce test, tous les participants ont visionné la bande-annonce seuls et en compagnie d’un autre participant. Les participants n’avaient jamais vu cette bande-annonce auparavant et n’avaient jamais entendu parler du film. Dans les contextes en solo et en groupe, on a demandé aux participants de réaliser un test d’étalonnage de l’oculométrie, puis on leur a indiqué qu’ils allaient visionner une bande-annonce de film.

Dans le contexte individuel, on a utilisé un dispositif d’oculométrie à distance standardisé, comme le montre la figure ci-dessous. Dans le contexte social, on a utilisé un dispositif d’oculométrie pour deux personnes, équipé de l’oculomètre EyeTech VT3XL, comme le montrent les images et les graphiques ci-dessous. Cela a permis à deux sujets de visionner simultanément la même vidéo sur un seul écran.

Configuration de test

Comme l’illustre le graphique ci-dessus, le dispositif d’observation en solo nécessite que le sujet soit assis devant un écran d’ordinateur équipé d’un oculomètre et d’autres biocapteurs, tandis que l’expérimentateur contrôle la session et observe depuis derrière une cloison ou depuis une pièce séparée.

La configuration pour le visionnage en groupe est toutefois un peu plus complexe. Dans ce cas, bien que l’oculomètre VT3 XL permette de collecter simultanément les données d’oculométrie de deux sujets à la fois, chaque sujet nécessite un ordinateur distinct pour contrôler la session. Ces ordinateurs sont tous connectés à l’oculomètre. Chaque ordinateur est également relié via HDMI au téléviseur grand écran pour l’affichage des stimuli.

Enfin, un troisième ordinateur de déclenchement est nécessaire pour lancer le stimulus simultanément sur les deux ordinateurs des participants. Bien que cette configuration soit complexe, elle permet le visionnage en groupe de contenus dans un cadre relativement peu intrusif et réaliste (par exemple, un salon).

Résultats des évaluations

Alors, qu’avons-nous découvert ? Il convient de noter que le stimulus était une bande-annonce de film d’horreur qu’aucun des participants n’avait vue auparavant. L’utilisation de ce stimulus visait principalement à vérifier si l’attention visuelle et l’engagement émotionnel différaient selon les deux contextes, mais aussi à voir si les sursauts provoqués par la bande-annonce susciteraient la réaction attendue (forte excitation, valence négative).

Dans l’ensemble de la séance de visionnage, l’attention visuelle était similaire, que ce soit en groupe ou en solo. Cependant, comme le montrent les cartes thermiques ci-dessous, les participants se sont concentrés davantage sur les points clés (en l’occurrence, la « main » du monstre surgissant au milieu de la forêt et faisant sursauter le personnage principal) lorsqu’ils regardaient seuls, tandis que leur attention visuelle était légèrement plus dispersée lorsqu’ils regardaient en groupe.

Attention visuelle portée à l'image clé dans un contexte solo
Attention visuelle portée à l’image clé en mode Solo
Attention visuelle portée à une image clé dans un contexte social
Attention visuelle portée aux images clés dans un contexte social

En ce qui concerne l’engagement émotionnel, l’intensité émotionnelle était similaire tant en situation d’visionnage en solo qu’en situation d’visionnage en groupe, les sujets ayant manifesté des réactions tout aussi vives lors des moments clés de « sursaut » de la bande-annonce, comme indiqué ci-dessous. Cependant, l’intensité émotionnelle globale était plus élevée dans le contexte d’visionnage en groupe que dans celui d’visionnage en solo.

Intensité émotionnelle - évolution dans le temps

En ce qui concerne la valence émotionnelle, bien que l’expression faciale attendue de la peur ait été faible, les expressions faciales associées à une réaction de peur, telles que l’écartement des yeux et le haussement des sourcils, se sont clairement distinguées tant lors des séances de visionnage en solo que lors des séances en groupe. Il est intéressant de noter que le niveau d’« engagement » était plus élevé dans le groupe social que dans le groupe en solo, ce qui suggère des niveaux plus élevés d’émotions faciales exprimées lors du visionnage de contenus en compagnie d’un pair.

Bien que des tests supplémentaires soient nécessaires pour mieux cerner les différences entre le visionnage en solo et le visionnage en groupe, les résultats de notre analyse préliminaire suggèrent que le visionnage en groupe a bel et bien une incidence sur les résultats, dans la mesure où les spectateurs manifestent des niveaux d’excitation émotionnelle plus élevés lors des moments clés de la vidéo lorsqu’ils la regardent en groupe plutôt qu’en solo. J’espère que vous avez apprécié cet aperçu des tests de contenu vidéo dans différents environnements !

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Références

[1] Smith, M. E., & Gevins, A. (2009) Attention et activité cérébrale pendant le visionnage de la télévision : les composantes de l’engagement du téléspectateur, Media Psychology, 6(3), 285-305, DOI : 10.1207/s1532785xmep0603_3

[2] Busselle, R. & Bilandzic, H. (2009) « Measuring Narrative Engagement », Media Psychology, 12(4), p. 321-347, DOI : 10.1080/15213260903287259

[3] Heath, R. (2009). L’engagement émotionnel : comment la télévision construit de grandes marques malgré un faible niveau d’attention. Journal of Advertising Research, 49(1), 62-73.

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