Découvrez comment la corrélation intersujets (ISC) en EEG met en évidence la synchronisation neuronale en mesurant dans quelle mesure les cerveaux de différentes personnes réagissent de manière similaire à un même stimulus. Intégrée à iMotions sous la forme d’un nouvel outil R-notebook, l’ISC analyse les données EEG de l’ensemble des participants afin de mettre en évidence des schémas communs d’engagement et d’attention.
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L’attention et l’engagement sont des indicateurs très prisés dans les domaines des médias, de la communication et des tests publicitaires. Dans le domaine de la recherche sur les biocapteurs, il existe de nombreuses méthodes pour évaluer ces deux indicateurs, telles que l’oculométrie, la conductance cutanée, ainsi que l’EEG via la densité spectrale de puissance ou l’asymétrie alpha frontale.
Avec la dernière mise à jour d’iMotions, nous sommes fiers de vous présenter notre tout nouvel outil d’analyse de l’EEG : le nouveau R-notebook « EEG Intersubject Correlation (ISC) », également connu sous le nom de « Neural Synchrony ».
La corrélation intersujets est un type d’analyse très particulier, car alors que toutes nos autres mesures examinent la réaction d’un individu à un stimulus, la corrélation intersujets en EEG s’intéresse aux similitudes entre les ondes cérébrales des participants, ce qui vous permet d’avoir une vision plus approfondie de ce que fait votre population cible.
Notre nouveau notebook ISC R permet, lors du post-traitement de toutes les données EEG collectées, d’analyser et de regrouper automatiquement ces données EEG pour l’ensemble des sujets.
Brève histoire de la corrélation intersujets
En 2004, Hasson et ses collègues ont publié un article qui a fait date dans la revue Science, dans lequel ils ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour étudier l’activation cérébrale de participants pendant qu’ils regardaient les 30 premières minutes du film « Le Bon, la Brute et le Truand » (excellent choix !).

Les chercheurs ont constaté que les cerveaux des participants avaient tendance à réagir à l’unisson face au film ; plus précisément, ils ont observé de fortes corrélations entre les participants quant aux zones cérébrales activées et au moment où celles-ci l’étaient. De plus, ces schémas communs d’activation cérébrale semblaient correspondre à des éléments spécifiques, par exemple lorsqu’un participant manipulait un objet à l’écran ou lorsqu’une scène était chargée d’émotion. Cette synchronisation disparaissait lorsque l’on montrait un écran vide aux participants.
En 2012, Dmochowski et ses collègues ont réussi à reproduire cette même corrélation intersujets, mais en utilisant l’EEG plutôt que l’IRMf, rendant ainsi cette méthode plus accessible aux chercheurs qui n’auraient peut-être pas les moyens d’accéder à un appareil d’IRMf. Une fois encore, lorsque les participants regardaient des scènes de film, on observait une forte concordance entre leurs activités EEG. Et une fois encore, cette ISC a disparu lorsque les scènes de film ont été brouillées (les rendant absurdes), ou lorsque les participants ont visionné un clip de contrôle neutre et libre de forme montrant des personnes assises dehors dans un parc.
L’utilisation de l’ISC a fait son entrée dans le domaine du neuromarketing et des neurosciences appliquées à la publicité lorsque Barnett et Cerf ont mesuré la synchronisation neuronale entre des participants regardant des bandes-annonces de films en 2014. Ils ont constaté que plus la synchronisation était élevée pour une bande-annonce donnée, plus les participants s’en souvenaient – et plus le film remportait de succès au box-office. C’était la première fois qu’on démontrait que l’ISC pouvait servir à prédire les résultats commerciaux dans les domaines des médias et de la publicité.
Enfin, Leeuwis et ses collègues d’Unravel Research ont pu démontrer que l’utilisation de l’ISC pouvait également s’appliquer à la musique : ils ont observé une synchronisation neuronale plus élevée entre les participants lorsqu’ils écoutaient certaines chansons populaires, ce qui permettait de prédire avec une grande précision leur classement dans les charts Spotify jusqu’à 10 mois plus tard. (Cette étude a été réalisée grâce à iMotions, avec l’aide d’un casque ABM B-Alert X10 !)

Ces études mettent en lumière une révélation stupéfiante : bien que chaque individu soit unique et que l’expérience subjective de chacun puisse varier, face à des contenus médiatiques captivants, nos cerveaux ont tous tendance à réagir de la même manière. Ces contenus doivent présenter une structure narrative claire (c’est-à-dire ni décousue ni abstraite) et être compréhensibles pour le public (et non confus). La force de l’ISC tend à être corrélée à l’attention et à l’engagement, et a des implications certaines sur les futurs comportements d’achat et de consommation.
Applications au-delà de la recherche sur les médias
L’utilisation des médias ne se limite pas à la publicité ; plusieurs études montrent que l’ISC présente un fort potentiel dans les domaines de la communication et de l’éducation. Par exemple, lorsque des élèves regardaient des vidéos éducatives en sachant qu’ils allaient être évalués par la suite, ils y prêtaient davantage attention et affichaient un niveau d’ISC plus élevé (ainsi que de meilleurs résultats aux tests) que les élèves qui ignoraient qu’ils seraient évalués et qui, de ce fait, y prêtaient moins attention (Cohen et al., 2018).
Il existe bien d’autres pistes de recherche intéressantes, par exemple : l’ISC mesurée par EEG diminue-t-elle chez les participants dyslexiques ? Ou encore, comment l’ISC évolue-t-elle lors de l’apprentissage d’une langue étrangère ?
Le r-notebook EEG ISC est fourni avec notre module EEG et peut être utilisé avec n’importe quel casque EEG compatible avec nos solutions. Nous sommes ravis d’ajouter ce nouvel outil à notre gamme de biocapteurs, compte tenu de ses applications potentielles dans les domaines des médias, de la publicité, des neurosciences appliquées à la consommation, de la communication, de l’éducation, et bien d’autres encore.
Si vous souhaitez savoir comment notre nouveau cahier de corrélation intersujets peut vous aider à optimiser l’analyse de vos données EEG, n’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus d’informations ou une démonstration en direct gratuite.
Références
Hasson, U. et al. (2004). Synchronisation intersujets de l’activité corticale pendant la vision naturelle. Science 303, 1634.
Dmochowski JP et al. (2012). Les composantes corrélées de l’EEG en temps réel indiquent une attention chargée d’émotion : un marqueur possible de l’engagement ? Frontiers in Human Neuroscience 6, 112.
Barnett S. et Cerf M. (2014). « A Ticket For Your Thoughts : méthode de prédiction de la mémorisation du contenu et des ventes à partir de la similarité neuronale des cinéphiles ». Journal of Consumer Research 44, p. 160-181.
Leeuwis N et al. (2021). Une prédiction solide : la synchronisation neuronale basée sur l’EEG permet de prédire les flux musicaux en ligne. Frontiers in Psychology 12, 672980.
Cohen et al. (2018). L’engagement neuronal face à des vidéos éducatives en ligne permet de prédire les performances d’apprentissage de chaque élève. Neurobiology of Learning & Memory 155, 60-64.
Stevens et al. (2010). Le couplage neuronal entre locuteur et auditeur est à la base d’une communication réussie. PNAS 107(32), 14425-14430.
Thiede et al. (2020). Corrélation inter-sujets atypique des signaux MEG lors de l’écoute d’un discours naturel continu chez les personnes dyslexiques. NeuroImage 216(1), 116799.