Découvrez comment l’analyse des expressions faciales permet de détecter les mouvements visibles des muscles du visage, mais peine à expliquer pleinement des émotions complexes et dépendantes du contexte, telles que l’amour, soulignant ainsi l’importance des variations culturelles, des différences individuelles et des approches multimodales qui combinent des signaux physiologiques tels que la fréquence cardiaque, la conductance cutanée et l’oculométrie pour une évaluation plus complète des émotions.
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L’analyse des expressions faciales, comme son nom l’indique, mesure les expressions qui se manifestent ouvertement sur le visage. Elle automatise le processus de mesure des changements au niveau des muscles faciaux. Si une combinaison d’expressions faciales (comme un sourire accompagné d’un relèvement des joues) peut laisser entrevoir des émotions sous-jacentes telles que la joie, les émotions sont toutefois plus complexes que ce que nous laissons transparaître sur notre visage.
Si le sourire trouve sa source dans une joie authentique, la joie que nous affichons sur notre visage n’est qu’une manifestation, ou la conséquence, d’émotions qui dépendent du contexte. Ce n’est pas parce que nous affichons la joie sur notre visage que nous sommes joyeux ; nous affichons la joie parce que nous la ressentons.
Ce que nous exprimons sur notre visage est régi par des codes d’expression propres à chaque culture, des règles que nous apprenons de notre environnement culturel et qui déterminent quelles émotions il convient d’exprimer dans quel contexte. De plus, le degré d’expressivité d’une personne – qu’elle soit exubérante, réservée ou quelque part entre les deux – peut être une question d’entraînement : les acteurs, par exemple, peuvent se montrer expressifs sur commande, mais manifestent rarement de véritables émotions dans le cadre de leur métier.
Il existe donc déjà de nombreuses sources de variabilité individuelle dans les expressions faciales et la manière dont nous les affichons, ce qui rend d’autant plus difficile d’établir un lien entre celles-ci et les émotions sous-jacentes que les gens pourraient ressentir.
Les émotions complexes telles que l’amour et la confiance sont encore plus difficiles à analyser. Il y a fort à parier que vous utilisez les mêmes muscles faciaux pour exprimer votre amour à votre partenaire lors d’une soirée en tête-à-tête que lorsque vous jouez à aller chercher la balle avec votre chien. Mais même si l’on limite la notion d’« amour » à un contexte précis, par exemple l’attirance lors d’un rendez-vous galant, les variations d’un individu à l’autre restent considérables.

Les deux personnes impliquées dans l’interaction sociale décrite ci-dessus diffèrent encore considérablement dans la manière et le moment où elles expriment leur attirance l’une pour l’autre. Flirtent-elles en souriant aux blagues, lèvent-elles les yeux au ciel avant d’éclater de rire, ou bien serrent-elles les lèvres et froncent-elles les sourcils ? Comment l’autre réagit-elle à chacune de ces expressions faciales et comment ses propres expressions changent-elles à leur tour ?
Même dans cette définition restreinte de l’attirance, limitée à un seul contexte social – qui ne représente qu’une infime partie de l’amour profond que nous éprouvons pour ceux qui nous entourent –, il semble pratiquement impossible de créer une « expression faciale de l’attirance ». Prétendre que l’étude des seuls mouvements musculaires du visage suffira à appréhender un phénomène aussi profond, individuel, dépendant du contexte et variable revient à réduire à l’extrême l’expérience humaine.
Alors, si cela est possible, comment peut-on mesurer l’amour ? Le plus important ici est de définir votre question de recherche comme nous l’avons fait plus haut. Qu’est-ce que l’amour englobe, quelle partie de celui-ci souhaitons-nous mesurer, et dans quel contexte ? Il est également important de comprendre les nombreuses dimensions du concept à mesurer afin d’identifier l’aspect spécifique sur lequel vous souhaitez porter votre recherche.
L’amour est un sentiment complexe, tant dans la vie que lorsqu’il s’agit de le mesurer. Comme nous le savons tous, les questions complexes exigent souvent des solutions complexes. Dans le cas des deux personnes en rendez-vous galant que nous avons évoqué plus haut, il faudrait peut-être élargir l’étude afin d’obtenir une vision plus globale.
Par exemple, on peut souhaiter intégrer des données sur la fréquence cardiaque pour évaluer la réaction au stress, des données issues de la réponse galvanique de la peau pour quantifier le sentiment de nervosité, ou encore l’oculométrie pour déterminer où et comment l’attention est dirigée.
Chez iMotions, nous ne sommes pas des experts en amour, mais nous sommes spécialisés dans les émotions et leur mesure, et une approche multimodale est sans aucun doute la voie à suivre.
Enfin, n’oubliez pas de partager vos résultats et d’expliquer comment vous avez mené vos recherches afin que d’autres puissent reproduire votre travail.
Après tout, une seule étude ne suffit pas pour élucider un sujet aussi profond que l’amour.