Découvrez le monde fascinant de la perception des couleurs dans cette introduction complète. Ce document explore les aspects psychologiques et physiologiques de la perception des couleurs chez l’être humain, l’influence de la lumière et du contexte, ainsi que l’importance des couleurs dans la vie quotidienne.
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La perception des couleurs est un aspect essentiel de notre expérience sensorielle qui influence nos émotions, nos processus cognitifs et notre comportement. L’interaction entre la lumière, l’œil et le cerveau façonne notre perception des couleurs. Comprendre le fonctionnement de la perception des couleurs est essentiel dans des domaines tels que le marketing, le design et l’art, ainsi que pour la recherche scientifique sur la perception visuelle.
Dans cet article, nous présenterons les bases de la perception des couleurs en explorant ses principes fondamentaux, notamment la physique de la lumière, l’anatomie de l’œil et les processus neuronaux impliqués dans le traitement des couleurs. Nous aborderons également l’influence de la culture, de la langue et des différences individuelles sur la perception des couleurs. À la fin de cet article, les lecteurs auront une meilleure compréhension des complexités de la perception des couleurs et de la manière dont celle-ci façonne notre perception du monde qui nous entoure.
Passons maintenant à une question importante : quelle est votre couleur préférée ? Aimez-vous cette couleur pour tous les objets ? Vous pourriez bien vouloir un rouge vif pour une voiture de sport, mais cette même couleur conviendrait-elle pour votre maison ?
On n’y pense pas souvent, mais les couleurs que nous voyons peuvent influencer nos pensées et nos comportements. Cela va de ce que nous mangeons (mangeriez-vous une orange noire ?) à la façon dont nous réagissons face à des lumières colorées (est-ce une ambulance derrière moi ?), en passant par les vêtements que nous choisissons de porter (est-ce que je vais à une réunion professionnelle ou à un rendez-vous galant ?). En quoi la couleur influence-t-elle nos choix ?
De nombreuses recherches ont été menées sur l’influence de la couleur sur nos émotions (par exemple [1, 2]). On s’est attaché à comprendre comment nous interprétons les couleurs selon des échelles telles que « positif/négatif » ou « chaud/froid », afin de saisir comment celles-ci nous font ressentir certaines émotions dans des situations données. Par exemple, l’étude de l’impact des couleurs sur nos sensations dans les environnements liés au commerce de détail, aux magasins ou à la restauration a suscité un vif intérêt chez les professionnels du marketing, qui cherchent ainsi à stimuler l’appétit ou à aider les clients à se sentir détendus [3].
Bien que ces résultats soient très instructifs, il est utile de disposer d’un contexte permettant de comprendre comment ces conclusions se justifient. Nous allons vous expliquer ci-dessous comment fonctionne la perception des couleurs et vous montrer comment elle influence nos émotions, parfois de manière inattendue.
La lumière visible et la perception des couleurs
Notre capacité à percevoir les couleurs dépend de la longueur d’onde de la lumière. Les longueurs d’onde de la lumière comprises dans le spectre visible pour l’œil humain vont de 400 à 700 nm (voir figure 1). Il existe de nombreuses longueurs d’onde que nos yeux ne peuvent pas percevoir, comme les rayons X ou les ondes radio.

Les longueurs d’onde de la lumière que nous pouvons percevoir sont absorbées par des cellules (appelées photorécepteurs) situées à l’arrière de l’œil. Les photorécepteurs sensibles à la couleur et à la lumière vive sont appelés cônes, tandis que ceux qui ne sont pas sensibles à la couleur et qui fonctionnent mieux dans des conditions de faible luminosité sont appelés bâtonnets.
Couleur et comportement
La vision des couleurs constitue un domaine d’étude à part entière au sein des sciences de la vision ; en revanche, l’étude de l’influence de la couleur sur nous et de la manière dont nous utilisons la couleur pour exprimer notre état intérieur relève de la psychologie.
Non seulement nous apprécions d’un point de vue esthétique la riche palette de couleurs qui s’offre à nous, mais nous associons également toute une gamme d’émotions à des couleurs spécifiques. Des chercheurs de l’université de Géorgie ont étudié les préférences chromatiques d’étudiants et ont mis en évidence un large éventail de préférences, chacune s’expliquant par des raisons différentes [2].
On a même eu recours à différentes couleurs pour tenter d’influencer le comportement des personnes qui les regardent. Par exemple, certaines prisons ont peint leurs murs en rose Baker-Miller (sans rapport avec l’auteur de ce blog ; voir figure 2) afin de réduire l’agressivité chez les détenus [4].
Des chercheurs [4, 5] ont également rapporté que la couleur rose avait en réalité pour effet d’inhiber la force musculaire et l’agressivité chez les détenus. Il est intéressant de noter que certains auteurs ont critiqué cette conclusion, car les teintes tirant vers le rose sont souvent associées au rouge ou à l’orange, des couleurs généralement perçues comme vives et stimulantes, et qui ne sont traditionnellement pas considérées comme ayant un effet apaisant [6].
D’autres études portant sur l’utilisation de la couleur rose dans les cellules de prison n’ont constaté une diminution des comportements agressifs que durant les premiers mois suivant son introduction, l’agressivité ayant ensuite augmenté avec le temps [6]. Des travaux récents ont remis en question l’utilité du rose dans le cadre d’une application en milieu carcéral [7].

En dehors du milieu carcéral, la couleur est utilisée et étudiée pour comprendre comment elle peut influencer l’entourage de la personne qui la porte. Le rouge est souvent perçu comme un signe de dominance chez les primates, alors que cette même couleur peut être considérée comme un avertissement dans d’autres contextes [8]. Des recherches ont montré que les hommes sont jugés plus agressifs et plus dominants lorsqu’ils sont photographiés en rouge plutôt qu’en gris ou en bleu [8].
Il est intéressant de noter que des études suggèrent que les athlètes qui portent du rouge bénéficient d’un avantage sur le plan des résultats sportifs, et ce, uniquement en raison de la couleur de leur tenue [9].
Nous avons tendance à porter du bleu, du noir et du gris pour les occasions professionnelles, tandis que des couleurs plus vives peuvent être portées dans d’autres contextes sociaux. Plusieurs expériences menées par Elliot et Niesta [10] ont démontré que les hommes trouvent les femmes vêtues de rouge plus attirantes. Un autre exemple est celui d’une étude réalisée par Guéguen et Jacob [11], dans laquelle les hommes donnaient un pourboire plus généreux aux serveuses qui portaient du rouge.
Couleur des aliments et perception
Depuis plusieurs décennies, la couleur des aliments fait l’objet d’études visant à comprendre comment les consommateurs associent certains aliments à des couleurs et s’ils sont enclins à acheter des produits en fonction de leur couleur [12].
Parmi les exemples où les couleurs ne correspondaient pas à ce que les consommateurs attendaient de leurs aliments, on peut citer le cola transparent ou le ketchup violet ou vert. Ces innovations alimentaires ont été largement considérées comme des échecs et ces produits ne sont plus commercialisés.
Des chercheurs ont découvert que la couleur des aliments est un indicateur puissant des associations gustatives. En effet, certains aliments sont associés à une couleur particulière, et des études ont montré que lorsque la couleur d’une boisson ne correspond pas à son goût, les gens ont souvent tendance à percevoir un goût qui correspond à la couleur [13].
Des résultats cohérents ont également été observés concernant l’ajout de colorants rouges aux aliments : plus ceux-ci paraissent rouges, plus les consommateurs les jugent sucrés (par exemple [14, 15]).
Conclusion
Les couleurs nous entourent et peuvent être utilisées pour influencer nos émotions, encourager certains comportements, servir d’indicateur social ou aider à identifier les aliments et leurs saveurs. Il est important de comprendre comment les couleurs et d’autres stimuli externes nous affectent, car cela peut permettre de mieux cerner le comportement humain. La plateforme logicielle iMotions permet aux chercheurs d’évaluer objectivement l’impact de diverses images et couleurs sur les performances humaines. Si vous souhaitez en savoir plus sur le comportement humain – à la fois sur ce qui l’influence et sur la manière dont il peut être mesuré –, téléchargez notre guide gratuit ci-dessous :
Références
[1] Jalil, N. A., Yunus, R. M., & Said, N. S. (2012). L’influence des couleurs de l’environnement sur le comportement humain : une synthèse. Procedia-Social and Behavioral Sciences, 35, 54-62.
[2] Naz, K. A. Y. A., & Epps, H. (2004). Relation entre la couleur et les émotions : une étude menée auprès d’étudiants. College Student Journal, 38(3), 396.
[3] Singh, S. (2006). L’impact de la couleur sur le marketing. Management Decision, 44(6), 783-789.
[4] Schauss, A. G. (1979). L’effet apaisant de la couleur réduit les comportements agressifs et le risque de violence. Journal of Orthomolecular Psychiatry, 8(4), 218-221.
[5] Schauss, A. G. (1981). Alimentation, criminalité et délinquance (pp. 1-108). Berkeley, CA : Parker House.
[6] Pellegrini, R. J., Schauss, A. G., & Miller, M. E. (1981). Couleur de la pièce et agressivité dans une cellule de détention provisoire : une mise à l’épreuve de l’hypothèse du « rose apaisant ». Journal of Orthomolecular Psychiatry, 10, 174-181.
[7] Genschow, O., Noll, T., Wänke, M., & Gersbach, R. (2015). Le rose Baker-Miller réduit-il l’agressivité dans les cellules de détention ? Une analyse empirique critique. Psychology, Crime & Law, 21(5), 482-489.
[8] Wiedemann, D., Burt, Michael, Hill, R. A., & Barton, R. A. (2015). Les vêtements rouges renforcent la perception de la domination, de l’agressivité et de la colère. Biology Letters, 11, 1-4.
[9] Hill, R., & Barton, R. (2005). La couleur rouge améliore les performances humaines lors de compétitions. Nature, 435(7040), 293-293. doi: 10.1038/435293a
[10] Elliot, A. J., & Niesta, D. (2008). Le rouge romantique : le rouge renforce l’attirance des hommes pour les femmes. Journal of Personality and Social Psychology, 95(5), 1150.
[11] Guéguen, N., & Jacob, C. (2014). Couleur des vêtements et pourboires : les clients masculins donnent davantage de pourboires aux serveuses vêtues de rouge. Journal of Hospitality & Tourism Research, 38(2), 275-280.
[12] Garber, L., Hyatt, E., & Nafees, L. (2016). Les effets de la couleur alimentaire analogue sur la perception du goût : une étude factorielle. Journal Of Food Products Marketing, 22(4), 486-500. doi: 10.1080/10454446.2015.1072866
[13] Spence, C., Levitan, C. A., Shankar, M. U., & Zampini, M. (2010). La couleur des aliments influence-t-elle la perception du goût et des arômes chez l’être humain ? Chemosensory Perception, 3(1), 68-84.
[14] Clydesdale, F. M., Gover, R., & Fugardi, C. (1992). L’effet de la couleur sur la capacité à étancher la soif, la sensation de sucré, l’acceptabilité et l’intensité aromatique des boissons aromatisées au punch aux fruits. Journal of Food Quality, 15(1), 19-38.
[15] Pangborn, R. M. (1960). Influence de la couleur sur la perception du goût sucré. American Journal of Psychology, 73(2), 229-238.