,

Développement de produits [Méthodes avancées]

Découvrez les méthodes avancées en matière de développement de produits, axées sur des stratégies et des processus innovants qui améliorent l’efficacité et la réactivité face au marché. Ce module souligne l’importance de la collaboration interfonctionnelle et des tests itératifs pour obtenir des résultats positifs. En intégrant les technologies modernes, les entreprises peuvent améliorer la qualité de leurs produits et réduire efficacement les délais de mise sur le marché.

Pas besoin d’être un expert pour comprendre que le lancement du Samsung Galaxy Note 7 a été un véritable désastre. Les flammes qui s’échappaient de la batterie en étaient un signe on ne peut plus évident. Quand l’appareil a pris feu dans un avion (sans parler de la fois où il a mis le feu à une voiture), son sort était scellé : les téléphones ont été rappelés et l’entreprise a perdu environ 17 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

Bien sûr, la plupart des lancements de produits ne se soldent pas par un incendie accidentel. Cela dit, seuls environ 3 % des lancements de produits sont considérés comme réussis : il semble que de nombreux produits ne présentent pas nécessairement de défauts (du moins pas au point de provoquer une bronchite aiguë), mais la grande majorité d’entre eux ne parviennent pas non plus à atteindre leur objectif.

Que peut-on faire pour augmenter les chances de réussite d’un lancement de produit ? Il y a une chose que ces 3 % de produits ont en commun et qui a considérablement amélioré leurs chances de succès : ils ont été testés. Pas seulement pour respecter les normes de sécurité (le cas échéant), mais aussi pour vérifier si les consommateurs apprécient réellement le produit.

Il n’a jamais été aussi facile de tester des produits : on peut créer rapidement des maquettes numériques (des sites comme UpWork et Freelancer peuvent vous y aider), et la dernière génération d’imprimantes 3D permet de fabriquer des prototypes physiques à moindre coût et en un clin d’œil (par exemple avec Quickparts ou Hubs). De plus, l’essor de la réalité virtuelle permet désormais de prototyper des produits et des expériences dans des environnements immersifs, et ce, de manière économique.

Cette étape de prototypage vous permet de tester la réaction des consommateurs face à vos produits dès le début du processus, ce qui vous aide à déterminer si cela vaut la peine de concrétiser votre idée (bien sûr, plus tard dans le processus, vous devriez probablement aussi vérifier si votre produit risque de prendre feu).

Nous allons maintenant passer en revue le processus de développement de produit et expliquer comment s’y prendre pour obtenir les résultats les plus pertinents possibles.

Essais de produits

Le développement de produits est un processus itératif. Les idées de nouveaux produits surgissent rarement toutes faites. Qu’elles soient issues de techniques de brainstorming comme la méthode SCAMPER, d’une inspiration spontanée ou simplement d’un coup de génie, toutes nécessitent une planification approfondie.

La première étape consiste à mener des recherches : ce que vous avez en tête a peut-être déjà traversé l’esprit d’autres personnes. Ce produit existe-t-il déjà ? Y a-t-il de la place sur le marché ? Existe-t-il un marché pour ce produit ? Trouver les réponses à ces questions est la première étape pour déterminer si le produit envisagé est économiquement viable.

Une fois cette étape franchie, on peut commencer à définir les détails concrets du produit. À quoi ressemblera-t-il exactement ? Comment fonctionnera-t-il ? Où se placera chaque élément ? C’est le moment idéal pour retenir quelques options, puis de les tester sous forme de prototypes. Ces tests seront peut-être les premiers à être réalisés avec la maquette du produit, mais ils ne doivent pas pour autant être les derniers.

prototypage en réalité virtuelle

Essais de prototypes

L’approche traditionnelle des tests de produit au stade de la maquette consistait simplement à s’asseoir avec des consommateurs potentiels (ou du moins avec des personnes qui ne participaient pas directement au développement du produit) et à leur demander leur avis pendant qu’ils manipulaient un prototype physique, parcouraient une expérience numérique ou, parfois même, goûtaient un produit alimentaire.

Deux changements majeurs sont venus bouleverser cette approche traditionnelle : d’une part, il est désormais plus facile de créer des prototypes numériques de produits (par exemple, à partir des résultats de logiciels de CAO) lorsqu’ils n’étaient pas déjà numériques ; d’autre part, on prend aujourd’hui conscience du manque de fiabilité de ces dispositifs de test. Nous avons abordé dans des articles précédents les nombreux biais présents lors des tests par questionnement direct (par exemple, le biais des participants, le biais de sélection et le biais des chercheurs), mais tout se résume en grande partie à un seul point : les gens sont rarement fiables lorsqu’ils décrivent leurs pensées ou leurs émotions.

Cela peut sembler anodin (après tout, cela ne signifie pas que quelque chose va prendre feu), mais ne pas en tenir compte peut vous laisser avec un produit qui n’a pas été testé correctement, et le placer potentiellement au même rang que le Crystal Pepsi, l’Amazon Fire Phone, le New Coke, le Microsoft Zune, Facebook Home, les plats surgelés Colgate (oui, vraiment), et le tristement célèbre Microsoft Clippy (et ne parlons même pas du baume à lèvres Cheeto’s).

Comprendre le produit

Alors, comment tester les produits avec précision ? Il faut d’abord définir ce que l’on souhaite réellement savoir sur le produit. Par exemple : les gens apprécient-ils son aspect ? Le remarquent-ils dans un magasin ? Sont-ils frustrés lorsqu’ils l’utilisent ? Quelle est leur réaction émotionnelle face à ce produit ?

En gardant ces questions à l’esprit, vous serez en mesure de mettre en place des expériences visant à vous apporter les réponses dont vous avez besoin, à n’importe quelle étape du processus de développement de produit. Les biocapteurs sont capables de fournir des réponses quantitatives à ces questions, vous permettant ainsi de vérifier les éléments essentiels concernant les produits, à n’importe quelle étape du cycle de développement. Les biocapteurs les plus couramment utilisés dans le développement de produits sont :

  • L'oculométrie. Cet outil vous permet de savoir où se porte l'attention visuelle lors de l'observation d'un produit : il permet notamment de déterminer si les bons boutons sont repérés sur un produit physique, ou encore de savoir si les consommateurs le remarqueraient en magasin.
  • Analyse des expressions faciales. Grâce à l'enregistrement par webcam, l'analyse des expressions faciales permet de déterminer si les clients potentiels manifestent de la frustration, de la joie ou de la surprise face au produit (ainsi que de nombreux autres indicateurs, allant des unités d'action faciales individuelles aux manifestations émotionnelles). Cette méthode détecte les signes extérieurs d'émotion qu'un utilisateur peut manifester.
  • EEG. Bien qu'il s'agisse d'un appareil dont l'utilisation nécessite une certaine formation, l'EEG permet de fournir des indicateurs sur les sentiments d'attirance ou de rejet d'un utilisateur. Cet indicateur, appelé « asymétrie frontale », est souvent utilisé comme indicateur de l'attirance (ou, à l'inverse, du rejet) envers un stimulus. D'autres indicateurs sont également disponibles.

En combinant ces données avec les réponses et les réflexions explicites des utilisateurs, il est possible de synthétiser les résultats afin d’approfondir la compréhension des réactions. En sachant ce que l’on observe, par exemple, lorsqu’un participant indique qu’il apprécie ou n’apprécie pas quelque chose, ses réflexions sur le produit deviennent plus précises. Cela peut contribuer à faire progresser la compréhension, en fournissant les données qui font souvent défaut dans les comptes rendus verbaux.

Découvrez notre article invité : Comment l’emballage des aliments peut aider les enfants à choisir des produits plus sains

Ces données, qu’elles soient mises en perspective par rapport à des références ou comparées entre différents groupes, permettent de comprendre comment un utilisateur réagit concrètement à un produit. L’utilisation d’indicateurs concrets et quantifiables permet de développer un langage commun qui facilite la communication entre les personnes chargées de tester les utilisateurs et celles qui conçoivent et développent le produit. Il est ainsi possible de cerner précisément ce qui plaît ou ne plaît pas dans le produit, ou encore ce qui est perçu ou non, ce qui permet de faire passer la discussion de possibles ambiguïtés à des concepts bien définis.

Développement de produits fondé sur les données

L’utilisation de biocapteurs permet également de faire évoluer le développement des produits en temps réel. Cela s’avère particulièrement utile lors des premières phases de conception, où les produits peuvent être testés numériquement (à l’écran, voire en réalité virtuelle). Cela permet de fabriquer les produits de manière relativement économique, et le processus de test rapide et itératif fournit des réponses qui aident à orienter le produit dans la bonne direction dès le début. Cela permet d’économiser à la fois de l’argent et du temps – et pourrait certainement éviter aux concepteurs de produits de créer une nouvelle « lasagne au bœuf Colgate™ ».

En collectant des données sur les préférences des utilisateurs, puis en les mettant en relation avec les performances du produit sur le marché, il est également possible de constituer une base de données capable de prédire le succès commercial. Cette approche fondée sur les données fournit une base de connaissances sur laquelle s’appuyer pour la conception future des produits. Ce n’est peut-être pas une boule de cristal, mais c’est sans doute ce qui s’en rapproche le plus.

Conclusion

Le marché des produits n’a jamais été aussi concurrentiel, mais le prototypage et les tests de produits n’ont jamais été aussi accessibles. Cela signifie que toute entreprise avant-gardiste procède à des tests de produits approfondis, ce qui place la barre toujours plus haut en matière de réussite des produits.

L’utilisation de biocapteurs à n’importe quelle étape du cycle de développement d’un produit permet de s’assurer que l’on suit la bonne voie et que l’on s’y tient. Que le produit soit physique, numérique, sensoriel ou expérientiel, la collecte de données centrées sur l’humain permet de comprendre en profondeur comment les gens réagissent. En faisant les choses correctement dès le départ, tout le monde y gagne. Et personne ne met le feu aux poudres.

J’espère que vous avez apprécié cet article sur les méthodes avancées en matière de développement de produits. Si vous souhaitez vous familiariser avec l’approche et les méthodologies présentées dans cet article, téléchargez notre guide gratuit ci-dessous :

,