Les 10 meilleurs articles de l'année 2016 dans le domaine de la recherche sur le comportement humain

Découvrez comment les recherches de pointe menées en 2016 sur le comportement humain révèlent que l’attention façonne l’attirance, que l’intuition améliore la prise de décision, que la curiosité incite à prendre des risques, que la personnalité influence la consommation et la communication, et que les méthodes de biosensorique multimodale telles que l’oculométrie, l’EEG, l’ECG et la GSR sont de plus en plus indispensables pour comprendre les émotions, la cognition et le comportement dans divers contextes expérimentaux.

L’année écoulée a été riche en événements, notamment en grandes initiatives scientifiques, en expériences et en aventures. Nous avons assisté à des avancées décisives et à des tentatives infructueuses, à des signes prometteurs et à des coups de génie. On observe un regain d’intérêt pour les mesures psychophysiologiques comme moyen d’approfondir la compréhension des processus inconscients, et avec l’arrivée des technologies émergentes, nous assistons à un entrelacement entre l’ancien et le nouveau.

Alors que l’année touche à sa fin, nous aimerions revenir sur certaines des avancées scientifiques exceptionnelles qui ont eu lieu. Rejoignez-nous donc pour découvrir notre top 10 des articles de recherche de cette année. Nous avons sélectionné ces articles dans le domaine (et les sous-domaines) de la recherche sur le comportement humain, en fonction du nombre de lectures et de leur popularité (avec une petite touche de subjectivité également). Notez que cette liste est classée uniquement par ordre chronologique – et nous reconnaissons qu’il existe de nombreux autres travaux de recherche remarquables qui n’ont pas été mentionnés ici –, mais ce sont les articles qui, selon nous, ont le plus marqué le monde de la recherche sur le comportement humain cette année. Alors, commençons.

1

L’attention modifie la perception de l’attrait physique

(Viola S. Störmer, George A. Alvarez)

Nous prêtons peut-être attention à ce qui compte, mais ce à quoi nous prêtons attention prendra également plus d’importance : telle est la conclusion des travaux de Viola Störmer et George Alvarez sur l’attention et l’attrait physique. Ils montrent comment même des propriétés perceptives complexes et d’ordre supérieur – en l’occurrence l’attrait physique – peuvent être façonnées par l’attention. Enfin, une tâche de contingence du regard avec suivi oculaire a été réalisée, démontrant que l’attractivité faciale est jugée plus forte pour les visages auxquels on prête attention. Alors la prochaine fois que vous verrez quelqu’un qui vous plaît, assurez-vous de croiser son regard. attractivité attention recherche meilleure année

2

« The Not Face » : une grammaticalisation des expressions faciales des émotions

(C. Fabian Benitez-Quiroz, Ronnie B. Wilbur, Aleix M. Martinez)

Si jamais vous êtes en désaccord avec quelqu’un (peu importe qui !), nous avons le conseil idéal pour vous : les unités d’action 4, 14, 17 et 24. Il s’agit des codes du Facial Action Coding System (FACS) correspondant à des mouvements faciaux distincts qui, dans ce cas précis, traduisent une expression universelle signifiant « non » – également connue sous le nom de « visage de la négation ». Des chercheurs ont testé des personnes issues de cultures et de pays variés (ainsi que des utilisateurs de la langue des signes américaine) et ont découvert que nous sommes tous d’accord sur la manière de marquer notre désaccord.

3

Si votre logement est toujours disponible, envoyez-moi un e-mail : la personnalité influence la façon dont on réagit aux fautes d’orthographe dans les e-mails

(Julie E. Boland, Robin Queen)

Si l’erreur grammaticale mentionnée ci-dessus dans le titre de l’article vous agace, vous n’êtes peut-être pas du genre à en faire tout un plat – mais vous êtes peut-être du genre à y accorder plus d’importance que les autres. Des chercheurs ont découvert que les introvertis ont particulièrement tendance à relever les fautes dans un texte, tandis que les extravertis ont plutôt tendance à s’en moquer. Les participants ont été invités à évaluer dans quelle mesure ils apprécieraient un colocataire potentiel sur la base d’un extrait de texte, puis ont répondu à des questionnaires sur Qualtrics. Les différences les plus marquées concernaient l’introversion et l’extraversion – ce qu’il serait peut-être bon de garder à l’esprit la prochaine fois que vous chercherez un nouveau logement.

4

L’effet Pandore – Le pouvoir et les dangers de la curiosité

(Christopher K. Hsee, Bowen Ruan)

La curiosité tue peut-être le chat, mais il semblerait qu’elle puisse aussi tuer les humains. « L’effet Pandora » est le terme utilisé par les chercheurs pour décrire ce désir parfois irrationnel qu’ont les humains de résoudre des mystères ou d’assouvir leur curiosité. Dans le cadre de cette étude, on a discrètement proposé aux participants de cliquer sur des stylos farceurs qui délivraient des décharges électriques. Lorsque le résultat était incertain (c’est-à-dire qu’on ne savait pas si les stylos allaient délivrer une décharge), les participants étaient beaucoup plus enclins à cliquer dessus que lorsque le résultat était certain (c’est-à-dire qu’on savait si une décharge allait se produire ou non).

Il ne semble y avoir aucune raison valable pour laquelle les êtres humains s’exposeraient à d’éventuels chocs électriques, simplement pour savoir ce que l’on ressent lors d’un choc électrique particulier, mais c’est pourtant ainsi que nous agissons. C’est en soi un autre mystère, que je suis sûr que nous finirons par élucider – quel qu’en soit le prix.

5

Mesurer l’intuition : les informations émotionnelles inconscientes améliorent la précision des décisions et renforcent la confiance

(Galang Lufityanto, Chris Donkin et Joel Pearson)

Faites confiance à votre instinct : c’est ce que révèle cette étude sur l’intuition. Les participants devaient déterminer la direction – à gauche ou à droite – d’un groupe de points dont beaucoup se déplaçaient de manière aléatoire. Pour ajouter une dimension émotionnelle, on leur a également présenté – à un niveau inconscient – des images chargées d’émotion en lien avec la direction des points. Grâce à ces images, les participants étaient plus enclins à choisir la bonne direction. Lorsqu’ils ont mesuré la réponse de conductance cutanée (SCR – également appelée réponse galvanique de la peau, ou GSR) des participants, ils ont constaté qu’elle était associée à la sensation émotionnelle – ce qui suggère qu’ils ressentaient à la fois les émotions et que celles-ci les guidaient. Alors la prochaine fois que vous « avez juste un pressentiment », vous pourriez bien avoir raison.

6

L’argent fait le bonheur quand nos dépenses correspondent à notre personnalité

(Sandra C. Matz, Joe J. Gladstone, David Stillwell)

Le vieil adage selon lequel « l’argent ne fait pas le bonheur » a été balayé d’un revers de main, mais avec une réserve : il faut le dépenser à bon escient. Ce qu’est exactement ce « bon escient » dépendra de votre personnalité. Vous êtes sans doute une personne branchée, cool et intelligente (vous lisez ce blog, n’est-ce pas ?), alors pour tirer le maximum de plaisir de votre salaire, vous devriez le dépenser pour des choses qui reflètent cela. Des chercheurs ont examiné les comptes bancaires réels de personnes ayant passé des tests de personnalité et ont constaté que les habitudes de consommation les plus en phase avec leur profil psychologique étaient celles qui procuraient le plus de bonheur. Cela a également été démontré dans le cadre d’un paradigme expérimental contrôlé. Alors dépensez sans compter, mais de manière sélective.

7

Technologie d’oculométrie, enquêtes sur les préférences visuelles et aménagement urbain : premiers éléments indiquant l’efficacité de cette méthodologie

(Robert B. Noland, Marc D. Weiner, Dong Gao, Michael P. Cook, Anton Nelessen)

À mesure que le champ des neurosciences s’élargit et que les technologies deviennent plus faciles à utiliser, nous assisterons à une expansion dans des domaines qui, traditionnellement, évitaient de recourir à des éléments aussi techniquement complexes. Cela vaut pour de nombreux domaines, et c’est certainement déjà le cas pour l’urbanisme. Cette étude synthétise l’ancien et le nouveau, en combinant les résultats d’enquêtes subjectives avec des données qualitatives issues de l’oculométrie. Les résultats montrent comment les zones urbaines peuvent paraître attrayantes (plus de personnes et d’espaces verts, moins de voitures et de parkings) tout en indiquant une nouvelle orientation pour ce domaine. Il s’agit d’une recherche qui se tourne véritablement vers l’avenir (sans s’excuser pour ce terrible jeu de mots).

8

Analyse automatique des données d’oculométrie pour les applications de réalité augmentée : perspectives d’avenir

(Simona Naspetti, Roberto Pierdicca, Serena Mandolesi, Marina Paolanti, Emanuele Frontoni, Raffaele Zanoli)

L’avenir est toujours imprévisible, mais on peut parier sans trop de risque que la réalité augmentée y occupera une place prépondérante. L’utilisation de l’oculométrie et de la réalité augmentée dans le cadre de cette recherche montre que ce domaine continue de mûrir et qu’il est pris au sérieux. L’étude de l’art des XVe et XVIe siècles grâce à la combinaison de ces méthodes est révélatrice de la nature de la recherche actuelle : tout peut être compris, il suffit d’avoir les bons outils. Heureusement, nous sommes désormais arrivés à ce tournant décisif.

9

Comment améliorer les réactions des adolescents face au stress : perspectives issues de l’intégration des théories implicites de la personnalité et des modèles biopsychosociaux

(David S. Yeager, Hae Yeon Lee, Jeremy P. Jamieson)

L’adolescence est une période de croissance particulièrement déterminante pour la formation de la personnalité : c’est à ce moment-là que nous découvrons qui nous sommes et ce pour quoi nous sommes doués. Cette expérience n’est pas toujours positive – comme le soulignent les chercheurs dès la première ligne : « les évaluations sociales négatives sont omniprésentes pendant l’adolescence » –, ce qui peut influencer la perception que l’adolescent a de lui-même. C’est à cela que répond cette étude, qui utilise une intervention psychologique pour, à terme, améliorer l’évaluation du stress des participants, leur réponse cardiovasculaire (mesurée par électrocardiographie, ou ECG) et leurs performances lors d’une tâche stressante. Cela signifie que les changements qui se produisent peuvent faire passer le participant d’un état négatif à un état positif.

10

L’EEG et les récompenses primaires : utilité prédictive et malléabilité par stimulation cérébrale

(Nicole Prause, Greg J. Siegle, Choi Deblieck, Allan Wu et Marco Iacoboni)

Cet article choque à plus d’un titre : le recrutement des participants via Craigslist, les questions sur l’activité sexuelle, les vibromasseurs utilisés dans le cadre de l’expérience, et le contrôle (quasi) mental dont font preuve les chercheurs. Malgré ce que cela peut laisser penser, les fondements scientifiques sont solides. Les chercheurs ont finalement réussi à moduler les comportements sexuels des participants grâce à la stimulation par salves thêta. Ils ont enregistré, par électroencéphalographie (EEG), qu’ils pouvaient réduire l’activité alpha en réponse à des récompenses, renforçant ainsi la suppression des désirs. Maîtrise de soi et stimulation cérébrale : l’avenir, c’est maintenant.


Voici notre tour d’horizon des recherches les plus marquantes et les plus enrichissantes de 2016. Si vous souhaitez figurer dans cette liste l’année prochaine, nous avons exactement ce qu’il vous faut pour vous aider à vous lancer : notre guide complet sur le comportement humain. Que 2017 commence !