iMotions a son siège à Copenhague, une ville que certains considèrent comme la capitale mondiale du design. On dit des Danois qu’ils sont très sensibles à l’influence que les espaces et les objets exercent sur notre bien-être, et des designers comme Arne Jacobsen et Bjarke Ingels sont connus de tous. Même le mot danois « hygge » s’est imposé à l’échelle internationale pour désigner l’art de créer une atmosphère chaleureuse et confortable dans son environnement, les Danois accordant une grande importance à l’alliance de la fonctionnalité et du minimalisme avec l’esthétique et la beauté.
Pourtant, même pour les designers et les architectes les plus chevronnés, lorsqu’il s’agit de concevoir de nouveaux espaces publics – qu’il s’agisse d’un nouveau bâtiment, d’un quartier urbain ou même d’une exposition artistique –, la compréhension de la manière dont les visiteurs et les habitants y réagiront repose souvent sur des connaissances théoriques en architecture et en urbanisme, mais aussi sur une bonne part de conjectures. Comment éliminer ces conjectures de ce processus avant d’investir des sommes considérables, des ressources et de la main-d’œuvre dans la construction proprement dite ? Les technologies émergentes en neuroarchitecture, notamment la réalité virtuelle, les oculomètres et d’autres biocapteurs, commencent à nous apporter des réponses. Voici quelques études utilisant l’oculométrie et d’autres biocapteurs tels que la GSR et l’EEG qui influencent les domaines de l’architecture, de l’urbanisme et de la conception fondée sur des données probantes.
Table of Contents
1) Où posons-nous notre regard lorsque nous observons des bâtiments ?
Ann Sussman et Janice Ward ont utilisé iMotions pour analyser le regard des participants à l’aide d’un système d’oculométrie alors qu’ils observaient des photos de bâtiments à New York et dans le Massachusetts. Elles ont constaté que les façades sans relief ou vierges n’attirent pas l’attention visuelle, contrairement aux murs présentant des éléments très contrastés ou des fresques murales, ainsi qu’aux images de personnes figurant sur ces façades. Elles comparent ce comportement à une tentative de s’attacher à quelque chose afin de pouvoir s’ancrer dans un espace et se sentir moins anxieux. [1]

2) Dans quelle mesure les environnements intérieurs peuvent-ils être propices au bien-être ?
Zhengbo Zou et Semiha Ergan, de l’Université de New York, ont observé la manière dont les participants évoluaient dans deux environnements virtuels afin de déterminer si certaines caractéristiques de conception pouvaient avoir un impact sur le caractère réparateur de ces espaces. À l’aide de mesures EEG, d’oculométrie et d’EDA/GSR réalisées dans iMotions, les scientifiques ont placé les participants dans ces environnements virtuels : l’un était optimisé pour être réparateur (ses qualités ayant été déterminées par des études antérieures sur l’expérience humaine de la réparation), tandis que l’autre ne l’était pas. Ils ont constaté que la présence et la taille des fenêtres, la quantité de lumière naturelle et la présence de vues sur la nature sont statistiquement significatives en termes de leur relation avec l’expérience de bien-être des participants dans ces espaces virtuels. Ils suggèrent que ces résultats pourraient aider d’autres architectes et architectes d’intérieur non seulement à concevoir des études similaires pour collecter des données sur l’expérience utilisateur, mais aussi à orienter les conceptions vers l’intégration de ces caractéristiques afin que les résidents se sentent davantage chez eux dans ces espaces. [2]
Ces informations sont essentielles pour créer des environnements qui améliorent véritablement le confort et le bien-être psychologique. Pour en savoir plus sur la façon dont le cerveau se détend, consultez notre guide complet.
3) Dans quelle mesure certaines caractéristiques esthétiques et fonctionnelles des logements sont-elles appréciées ?
De même, Balconi, Rezk et Leanza ont cherché à déterminer si les caractéristiques esthétiques et fonctionnelles des environnements domestiques avaient une incidence sur les mécanismes de récompense cognitive et émotionnelle, en mesurant ces effets auprès de participants à qui l’on a montré des vidéos de différents environnements domestiques tout en enregistrant leurs données d’oculométrie et d’EEG. Ils avancent que les éléments fonctionnels (éclairage, dimensions et hauteur sous plafond) et esthétiques (couleurs, formes et design) interagissent avec les individus et les récompensent différemment selon leur âge, leur sexe et leurs capacités de cognition spatiale. Ces résultats, concluent-ils, montrent l’importance de recourir à la neuroarchitecture pour concevoir des environnements qui tiennent mieux compte de l’orientation spatiale de leurs utilisateurs finaux. [3]

To see how these concepts are applied in practice, explore our Talk to a Research Expert page.
4) Comment orienter notre regard lorsque nous observons des tableaux ?
Des chercheurs de l’Université polytechnique des Marches, en Italie, ont cherché à comprendre comment nous percevons l’art afin d’optimiser les affichages en réalité augmentée dans les musées. Ils ont enregistré les données d’oculométrie dans iMotions pendant que les participants observaient trois tableaux célèbres à la Galerie nationale des Marches, puis ont utilisé les données relatives aux zones d’intérêt (AOI) pour déterminer sur quels éléments visuels des tableaux les participants se concentraient le plus. Ils ont ensuite mis en valeur ces éléments à l’aide d’affichages supplémentaires en réalité augmentée, qui ont permis de mieux guider et de personnaliser l’expérience de visite. Cette étude apporte de nouvelles idées passionnantes pour orienter et guider les visiteurs tout au long de leur visite grâce à la réalité augmentée. [4]
5) Comment classer les éléments représentés dans les rendus des projets d’urbanisme proposés ?
Les rendus architecturaux d’espaces urbains proposés, également appelés enquêtes de préférence visuelle, donnent aux observateurs une idée de l’aspect qu’aura un espace avant sa construction. En 2016, des chercheurs en urbanisme ont mené une étude qui a confirmé l’efficacité de ces enquêtes de préférence visuelle en croisant les réponses verbales des participants avec les données issues de l’oculométrie. Ils ont constaté que, tant dans les réponses qualitatives que quantitatives, les images de personnes, les aménagements piétonniers et la verdure suscitaient des réactions positives, tandis que les voitures et les parkings suscitaient des réactions plus négatives. Il est intéressant de noter que les réactions face aux bâtiments représentés dans les projets étaient mitigées. Les chercheurs indiquent que les urbanistes peuvent utiliser cette technique pour mieux comprendre comment rendre les villes plus accueillantes pour les piétons et moins encombrées par la circulation automobile. [5]
À lire : Comment l’architecture influence le comportement humain

Conclusion
S’orienter vers une conception fondée sur des données factuelles, en recourant aux techniques de neuroarchitecture, ouvre la voie à la construction de villes et de structures futures qui répondront parfaitement à nos préférences esthétiques, émotionnelles et fonctionnelles en matière d’environnement. L’utilisation de nouvelles technologies, telles que l’oculométrie en réalité virtuelle, permet aux architectes de tester des prototypes de ces environnements avant leur construction, optimisant ainsi les ressources pour concevoir des espaces davantage centrés sur l’humain. Pour en savoir plus sur l’oculométrie, téléchargez notre guide de poche gratuit ci-dessous.
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Cette approche globale permet aux architectes et aux urbanistes de prendre des décisions fondées sur des données qui améliorent véritablement l’expérience humaine et le bien-être. Pour mieux comprendre le rôle transformateur de notre plateforme, découvrez comment iMotions contribue à faire évoluer notre conception de l’architecture.
Références
[1] Sussman, A. & Ward, J. M. (27 novembre 2017). Des études révolutionnaires sur le suivi oculaire révèlent comment nous percevons réellement l’architecture. Consulté sur https://commonedge.org/game-changing-eye-tracking-studies-reveal-how-we-actually-see-architecture
[2] Zou, Z., & Ergan, S. (2019). Un cadre pour quantifier le caractère régénérateur des environnements bâtis virtuels, EDRA 50 : Environnements urbains durables : recherche, conception et planification pour les 50 prochaines années. Du 22 au 26 mai 2019. Brooklyn, New York, États-Unis.
[3] Balconi, M., Rezk, S., Leanza, F. (2015). Impact de l’environnement en fonction de ses caractéristiques fonctionnelles et esthétiques : quelle est leur influence sur les caractéristiques spatiales et les mécanismes de récompense ?, Résumé de la VIe Conférence internationale sur la cognition spatiale, 16 (S1) : 83-83.
[4] Naspetti S., Pierdicca R., Mandolesi S., Paolanti M., Frontoni E., Zanoli R. (2016) Analyse automatique des données d’oculométrie pour les applications de réalité augmentée : perspectives d’avenir. Dans : De Paolis L., Mongelli A. (éd.) Réalité augmentée, réalité virtuelle et infographie. AVR 2016. Lecture Notes in Computer Science, vol. 9769, DOI : https://doi.org/10.1007/978-3-319-40651-0_17
[5] Noland, R. B., Weiner, M. D., Gao, D., Cook, M. P. & Nelessen, A. (2017). Technologie d’oculométrie, enquêtes sur les préférences visuelles et conception urbaine : premières preuves d’une méthodologie efficace, Journal of Urbanism: International Research on Placemaking and Urban Sustainability, 10:1, 98-110, DOI: 10.1080/17549175.2016.1187197