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Avec la dernière mise à jour d’accessibilité d’iOS, Apple a discrètement introduit une nouvelle fonctionnalité : le suivi oculaire par caméra. Cette fonctionnalité permet aux utilisateurs de naviguer et d’interagir avec leur iPhone en utilisant uniquement leur regard, une avancée qui a suscité la curiosité des chercheurs et des technologues, qui y voient une voie potentielle pour la collecte de données à l’avenir.
C’est une période passionnante pour la généralisation des technologies d’analyse du comportement humain. L’oculométrie, autrefois réservée aux laboratoires et aux milieux de la recherche, fait désormais son apparition sur des appareils que des millions de personnes possèdent déjà.
Mais pour les chercheurs, les équipes UX et les neuroscientifiques, une question importante se pose alors :
Cela signifie-t-il que les smartphones grand public sont désormais en mesure de remplacer les systèmes d’oculométrie de qualité professionnelle, voire l’oculométrie par webcam de qualité professionnelle ?
En bref : pas encore… et peut-être pas avant longtemps.
Ce que permet aujourd’hui l’oculométrie sur l’iPhone
La solution proposée par Apple est principalement conçue pour l’interaction, et non pour l’exportation de données.
Cette fonctionnalité utilise la caméra frontale de l’iPhone pour estimer la direction du regard et la traduire en commande de l’interface. Les utilisateurs peuvent regarder un élément, marquer une pause et déclencher un tapotement, ce qui améliore l’accessibilité et permet une navigation sans les mains.
Donc :
- Comment fonctionne l'oculométrie sur l'iPhone ? Grâce à l'appareil photo et à des modèles d'apprentissage automatique intégrés à l'appareil, qui déterminent où le regard de l'utilisateur se porte et traduisent cette information en commandes pour l'interface utilisateur.
- À quoi sert l'oculométrie sur l'iPhone ? Elle permet de contrôler et de naviguer, mais ne sert pas à la mesure, à l'analyse ou à la capture de données à des fins de recherche.
Ce qu’il ne fait pas : exporter des données ou fournir des données prêtes à l’emploi pour la recherche
Si cette technologie est impressionnante et conviviale, elle présente toutefois des limites évidentes pour une utilisation à des fins de recherche :
| Capacité | Suivi du regard sur l’iPhone | Eye tracking professionnel (par exemple, dans l’écosystème iMotions) |
| Exportation des données brutes de vision | ❌ Non | ✔ Disponible |
| Fixations, saccades, mesures de la zone d’intérêt | ❌ Non | ✔ Oui |
| Rapports cohérents sur la fréquence d’échantillonnage | ❌ Non fourni | ✔ Normalisé |
| Contrôle de l’étalonnage | ❌ En quantité limitée | ✔ Contrôlé par l’utilisateur + validé |
| Synchronisation de données multimodales (EEG, GSR, ECG, expressions faciales, comportement) | ❌ Non pris en charge | ✔ Entièrement pris en charge |
Apple précise également que les données relatives au regard issues de la fonctionnalité d’accessibilité restent stockées sur l’appareil, ce qui signifie que les développeurs et les chercheurs ne peuvent pas y accéder à des fins d’étude, d’analyse ou dans le cadre de travaux scientifiques.

Cette incapacité fondamentale à exporter les données signifie que les fonctionnalités intégrées actuelles d’Apple ne sont pas adaptées à la recherche sérieuse. Toutefois, si vous souhaitez mener de véritables tests d’oculométrie sur mobile, il existe déjà des solutions fiables pour capturer et analyser ces données essentielles.
Pourquoi cette évolution reste importante
Même sans fonctionnalités d’exportation, l’arrivée de l’eye tracking sur l’iPhone est le signe d’une évolution importante :
L’oculométrie est en train de passer du statut de technologie de niche à celui d’outil d’interaction courante.
L’histoire nous montre ce qui s’est passé ensuite. Lorsque les appareils photo sont devenus monnaie courante sur les téléphones, nous n’avons pas cessé d’avoir besoin des reflex numériques, mais nous avons commencé à envisager la photographie sous un autre angle. Ce genre de fonctionnalités accessibles sert souvent de tremplin vers une adoption plus large et un accès futur aux développeurs.
Dans les domaines de la recherche tels que la psychologie, le neuromarketing, l’expérience utilisateur (UX) et l’interaction homme-machine, cette évolution élargit les perspectives et les possibilités.
La place d’iMotions dans l’avenir
Chez iMotions, nous y voyons le début d’une convergence :
- Les appareils grand public contribueront à familiariser le public avec cette technologie.
- Les outils professionnels continueront d'offrir précision, validation et intégration multimodale.
- À terme, des processus hybrides verront le jour, allant de la sélection préliminaire à distance jusqu'aux études contrôlées de niveau laboratoire.
Si et quand Apple ou des frameworks tiers ouvriront l’accès aux données brutes de suivi du regard, des plateformes telles qu’iMotions, conçues pour comparer, synchroniser et analyser des signaux multimodaux, seront prêtes.
En attendant, l’eye tracking sur iPhone constitue une avancée majeure à suivre de près : non pas parce qu’il remplace les outils de recherche, mais parce qu’il banalise l’idée que notre technologie doit comprendre comment nous regardons, interagissons et réagissons.
En résumé
L’iPhone prend désormais en charge le suivi oculaire, ce qui constitue une avancée majeure pour sa généralisation. Cependant, à l’heure actuelle, cette fonctionnalité est conçue pour faciliter l’accessibilité et l’interaction, et non pour effectuer des mesures scientifiques ou exporter des données.
À mesure que le domaine évolue, l’avenir de la recherche comportementale ne dépendra pas seulement de la capture des signaux, mais aussi de leur analyse rigoureuse, de leur combinaison entre différentes modalités et de leur transformation en connaissances.
C’est là que l’expertise, la méthodologie et les écosystèmes de recherche spécialement conçus à cet effet continuent de jouer un rôle essentiel.
