Découvrez les principes fondamentaux de la technologie de l’oculométrie, de son fonctionnement à ses applications dans la recherche et le marketing. Apprenez les meilleures pratiques en matière de configuration, de collecte et d’analyse des données afin d’approfondir votre compréhension du comportement humain et des processus décisionnels.
Table of Contents
Introduction
Bienvenue dans l’univers de l’oculométrie, un voyage fascinant qui vous permettra de comprendre comment nos yeux révèlent bien plus que ce que nous voyons simplement. Souvent qualifiés de « fenêtres de l’âme », nos yeux offrent un aperçu unique du comportement humain, de l’attention et de la cognition. Que vous soyez un étudiant qui s’initie à ce domaine passionnant, un professionnel à la recherche de nouvelles méthodologies de recherche, ou simplement curieux de découvrir comment la technologie de l’oculométrie peut mettre en lumière les aspects cachés de la perception humaine, ce guide est votre point de départ.
La technologie de suivi oculaire, autrefois réservée aux laboratoires de recherche de pointe, s’est désormais imposée dans divers aspects de notre quotidien. Qu’il s’agisse d’améliorer l’expérience utilisateur dans le domaine technologique ou de faire progresser la recherche médicale, les applications du suivi oculaire sont aussi variées que révolutionnaires. Mais qu’est-ce que le suivi oculaire exactement ? Comment fonctionne-t-il, et pourquoi est-il si important pour comprendre le comportement humain ?
Dans ce guide de poche complet, nous allons démystifier la technologie de l’oculométrie en la décomposant en concepts simples et faciles à comprendre. Vous découvrirez les principes fondamentaux qui sous-tendent le suivi des mouvements oculaires, les différents types d’appareils d’oculométrie, ainsi que les innombrables applications de cette technologie, qu’il s’agisse d’améliorer les stratégies marketing ou de développer des appareils d’assistance qui changent la vie.
Que vous rédigiez une thèse, conceviez une nouvelle interface de jeu vidéo ou souhaitiez simplement assouvir votre curiosité, rejoignez-nous dans ce voyage passionnant à la découverte du monde de l’oculométrie. Découvrons ensemble comment cette technologie remarquable ne se contente pas d’observer où nous posons notre regard, mais contribue également à façonner l’avenir.
Ne manquez surtout pas notre webinaire consacré aux différents types de configurations d’eye tracking.
La technologie à la base de l’oculométrie
– Comment fonctionne exactement l’oculométrie ?
L’utilisation de l’oculométrie est en plein essor. Alors que les premiers appareils étaient très envahissants et nécessitaient des procédures de mise en place particulièrement fastidieuses, les oculomètres modernes ont connu une véritable évolution technologique ces dernières années. L’époque des montages expérimentaux rigides et des dispositions de sièges que l’on pourrait imaginer est désormais révolue.
Les oculomètres modernes sont à peine plus grands que des smartphones et offrent aux participants une expérience extrêmement naturelle.
Grâce à des méthodes à distance et non intrusives, l’oculométrie est devenue un outil à la fois simple d’utilisation et accessible dans le domaine de la recherche sur le comportement humain, permettant de mesurer objectivement les mouvements oculaires en temps réel.
La technologie
La plupart des oculomètres modernes utilisent la technologie du proche infrarouge, associée à une caméra haute résolution (ou à un autre capteur optique), pour suivre la direction du regard. Le principe sous-jacent, communément appelé « réflexion cornéenne du centre de la pupille » (PCCR), est en réalité assez simple.
Concrètement, cela consiste à faire en sorte que la caméra suive le centre de la pupille et le point où la lumière se reflète sur la cornée. Vous trouverez à droite une illustration de ce principe. Les calculs mathématiques qui sous-tendent ce processus sont… disons, un peu plus complexes. Nous n’allons pas vous ennuyer avec les détails des algorithmes pour l’instant.

Image ci-dessus : réflexion cornéenne au centre de la pupille (PCCR). La lumière réfléchie par la cornée et le centre de la pupille permet d’indiquer à l’oculomètre le mouvement et la direction du regard.
Pourquoi l’imagerie dans le spectre infrarouge ?
La précision de la mesure des mouvements oculaires dépend fortement d’une délimitation claire de la pupille et de la détection du reflet cornéen.
Le spectre visible est susceptible de générer des reflets incontrôlés, tandis que l’éclairage de l’œil par la lumière infrarouge – qui n’est pas perceptible par l’œil humain – facilite la distinction entre la pupille et l’iris : alors que la lumière pénètre directement dans la pupille, elle se contente de se refléter sur l’iris.
Cela signifie qu’un contraste net est généré (avec peu de bruit) et qu’il peut donc être facilement suivi par les algorithmes (exécutés au sein de l’oculomètre).
Voici en gros comment cela fonctionne :
Une lumière proche infrarouge est dirigée vers le centre de l’œil (les pupilles), ce qui provoque des reflets visibles sur la cornée (l’élément optique le plus externe de l’œil) ; cette image à fort contraste est ensuite captée par une caméra.
Dispositifs d’oculométrie
Il existe trois grands types d’oculomètres :
Les lunettes à écran (également appelées « lunettes à distance » ou « lunettes de bureau »), les lunettes (également appelées « lunettes mobiles ») et le suivi oculaire dans les casques de réalité virtuelle. Le suivi oculaire par webcam a été envisagé comme une option, mais cette technologie est intrinsèquement moins performante que les dispositifs de suivi oculaire à infrarouge (un sujet que nous abordons dans cet article de blog).
Sur écran

- Enregistrer les mouvements oculaires à distance (sans rien fixer sur le participant)
- Fixé sous un ordinateur ou un écran, ou placé à proximité
- Le participant est assis devant l'oculomètre
- Recommandé pour l'observation de tout support visuel sur écran en laboratoire, tel que des images, des vidéos, des sites web, des supports hors ligne (magazines, produits physiques, etc.) et dans d'autres contextes de petite envergure (études sur de petites étagères, etc.)
Lunettes

- Enregistre l'activité oculaire à courte distance
- Montés sur des montures de lunettes légères
- Le répondant est capable de se déplacer librement
- Recommandé pour l'observation d'objets et l'évaluation de la réalisation de tâches dans tout environnement réel ou virtuel (études d'ergonomie, tests de produits, etc.)
Eye Tracking Glasses
The Complete Pocket Guide
- 35 pages of comprehensive eye tracking material
- Technical overview of hardware
- Learn how to take your research to the next level

Précision des données de suivi du regard
– Quelles sont les différences entre ces trackers ?
La précision des mesures est sans aucun doute essentielle dans la recherche sur les mouvements oculaires. La qualité des données recueillies dépend avant tout de la précision de suivi de l’appareil que vous utilisez. Opter pour un système de mauvaise qualité vous empêchera d’obtenir des données de haute précision.
On croit souvent à tort que les chercheurs sont confrontés à un compromis inévitable entre la précision des mesures et l’amplitude des mouvements que le participant peut effectuer avec sa tête. La réalité est un peu plus complexe que cela
Oculomètres à écran :
Demandez aux participants de s’asseoir devant un écran ou à proximité du stimulus utilisé dans l’expérience. Bien que les systèmes sur écran ne permettent de suivre les yeux que dans une certaine mesure, les participants peuvent bouger légèrement, à condition de rester dans le champ de détection de l’oculomètre. Ce champ est appelé « headbox ». La liberté de mouvement est (généralement) suffisamment grande pour que les participants ne se sentent pas contraints.
Lunettes d’oculométrie :
Ils sont placés près des yeux et permettent ainsi aux participants de se déplacer aussi librement qu’ils le souhaitent – ce qui constitue sans aucun doute un avantage si le protocole de votre étude exige que les participants se trouvent dans différents endroits (par exemple, un grand laboratoire ou un supermarché).
Cela signifie-t-il que les lunettes d’oculométrie sont plus sujettes à des imprécisions de mesure ?
Pas du tout.
Tant que l'appareil est correctement calibré, les oculomètres portés sur la tête ne sont pas affectés par les mouvements de la tête et fournissent des données de regard de haute précision, tout comme les appareils à écran. De plus, comme la caméra d'oculométrie est verrouillée sur le système de coordonnées de la tête, la superposition des mouvements oculaires sur la caméra de la scène ne souffre pas d'imprécisions dues aux mouvements de la tête.

Qui utilise l'oculométrie ?
– Cas d'utilisation dans la recherche
Vous serez peut-être surpris d'apprendre que l'oculométrie n'est pas vraiment une nouveauté : elle est en effet utilisée depuis de nombreuses années dans la recherche en psychologie. Compte tenu du lien bien établi entre les mouvements oculaires et la cognition humaine, il est tout à fait logique d'utiliser l'oculométrie comme méthode expérimentale pour mieux comprendre le fonctionnement de l'esprit.
Si l’oculométrie n’est pas une nouveauté, comment se fait-il qu’elle soit aujourd’hui au cœur de l’actualité dans le domaine de la recherche sur le comportement humain ?
Mais revenons d’abord un peu en arrière.
Les études sur les mouvements oculaires fondées sur la simple observation remontent à plus de 100 ans. En 1901, le premier oculomètre a été mis au point, mais il ne pouvait enregistrer que les mouvements horizontaux et nécessitait un dispositif fixé sur la tête. En 1905, il était possible d’enregistrer les mouvements oculaires à l’aide d’« un petit fragment de matière blanche inséré dans les yeux du participant ». Ce n’était pas vraiment le dispositif expérimental le plus agréable qui soit.
On peut affirmer sans risque de se tromper que l’oculométrie a beaucoup évolué. Grâce aux progrès technologiques, les oculomètres modernes sont désormais moins envahissants, plus abordables et plus accessibles, et les séances d’expérimentation sont devenues de plus en plus confortables et faciles à mettre en place (l’époque des effrayants « points blancs » et des casques fixés sur la tête est révolue depuis longtemps).
Aujourd’hui, l’eye tracking est utilisé par les psychologues, les neuroscientifiques, les ingénieurs en ergonomie, les spécialistes du marketing, les designers, les architectes… La liste est longue. Dans les pages qui suivent, nous passerons en revue certains des domaines d’application les plus courants de l’eye tracking et verrons comment cette technique permet de faire de nouvelles découvertes et d’apporter un éclairage nouveau dans chacun d’entre eux.
1. Les neurosciences et la psychologie s’appuient largement sur l’oculométrie
Les neurosciences et la psychologie ont recours à l’oculométrie pour analyser la séquence des mouvements oculaires afin de mieux comprendre les processus cognitifs qui sous-tendent l’attention, l’apprentissage et la mémoire.
Comment nos attentes influencent-elles notre perception du monde ? Par exemple, si vous voyez la photo d’un salon, vous aurez une idée de la façon dont les meubles devraient être disposés. Si la scène ne correspond pas à vos attentes, vous pourriez être déconcerté et scruter les lieux, car votre « sémantique de la scène » (vos « règles » sur l’aspect qu’un salon devrait avoir) est bafouée.
Un autre domaine de recherche porte sur la manière dont nous encodons et reconnaissons les visages : où posons-nous notre regard pour déduire l’état émotionnel des autres ? Les yeux et la bouche constituent les indices les plus importants, mais cela ne se résume certainement pas à cela.
Un autre domaine de recherche porte sur la manière dont nous encodons et reconnaissons les visages : où posons-nous notre regard pour déduire l’état émotionnel d’autrui ? Les yeux et la bouche constituent les indices les plus importants, mais cela ne se résume certainement pas à cela. L’oculométrie peut également fournir des informations sur le traitement du texte, notamment sur la manière dont les mouvements oculaires pendant la lecture sont influencés par le contenu émotionnel des textes. L’oculométrie peut fournir des informations cruciales sur la façon dont nous percevons le monde : ce que nous voyons et comment nous le voyons.
2. L’eye tracking apporte une valeur ajoutée inégalée aux études de marché
Pourquoi certains produits marquent-ils les clients, tandis que d’autres ne parviennent pas à les convaincre ? L’oculométrie est devenue un outil très répandu et de plus en plus indispensable dans le domaine des études de marché. De nombreuses grandes marques y ont largement recours pour analyser l’attention que portent les clients aux messages clés et aux publicités, mais aussi pour évaluer les performances des produits, la conception des produits et des emballages, ainsi que l’expérience client dans son ensemble.
Appliqué aux tests en magasin, l’eye tracking fournit des informations sur la facilité ou la difficulté de la navigation en magasin, les comportements de recherche et les choix d’achat.

3. Simulation
Il existe différentes méthodes pour étudier le comportement humain dans le cadre de simulations. L’une des approches les plus courantes consiste à utiliser un simulateur de conduite. Ces recherches font souvent appel à des lunettes d’oculométrie, associées à divers autres capteurs, afin de mieux comprendre le comportement humain dans des situations à risque.
Où regardent les conducteurs lorsqu’ils sont confrontés à des obstacles sur la route ? En quoi le fait de parler au téléphone influe-t-il sur le comportement au volant ? En quoi exactement la vitesse excessive nuit-elle à l’attention visuelle ? Ce genre d’informations peut contribuer à améliorer la prise de conscience des dangers et être mis à profit pour renforcer à l’avenir
sécurité des conducteurs. La recherche automobile utilise depuis longtemps des lunettes d’oculométrie pour évaluer l’attention visuelle des conducteurs, tant en matière de navigation que de disposition du tableau de bord. Dans un avenir proche, les voitures pourraient même être capables de réagir au regard, aux mouvements oculaires ou à la dilatation des pupilles des conducteurs.

4. L’oculométrie peut aider à obtenir des informations approfondies dans le domaine de l’interaction homme-machine (IHM)
Qu’est-ce que l’interaction homme-machine (IHM) ? En substance, la recherche en IHM s’intéresse à la manière dont les ordinateurs sont utilisés et conçus, ainsi qu’à la façon dont cela influe sur leur utilisation par les utilisateurs. Qu’il s’agisse d’ordinateurs portables, de tablettes, de smartphones ou d’autres appareils, l’utilisation de la technologie peut être évaluée en mesurant l’attention visuelle que nous portons aux appareils que nous utilisons.

5. Test de sites web
Les tests d’ergonomie et d’expérience utilisateur constituent un domaine en pleine expansion qui utilise l’oculométrie comme méthode d’évaluation. L’oculométrie est une approche couramment utilisée pour tester les sites web, car elle permet de mieux comprendre comment ceux-ci sont perçus et utilisés. Comment les utilisateurs réagissent-ils aux publicités, aux messages et aux appels à l’action (CTA) ?
Si vous subissez une perte de chiffre d’affaires, les données d’eye tracking peuvent vous fournir des informations précieuses sur les habitudes de regard des visiteurs de votre site web : combien de temps leur faut-il pour trouver un produit spécifique sur votre site, quelles informations visuelles ignorent-ils (alors qu’ils sont censés les voir) ?
Allons droit au but et voyons exactement ce qui ne va pas. Ces mêmes analyses peuvent même s’appliquer aux applications mobiles sur tablettes et smartphones.
6. L’apprentissage et l’éducation peuvent tirer parti de l’oculométrie
Et si l’apprentissage pouvait être une expérience tout aussi enrichissante pour chacun d’entre nous ? Que faut-il exactement pour que l’apprentissage soit une réussite ? Ces dernières années, la technologie d’oculométrie a fait une percée remarquable dans les sciences de l’éducation, permettant de mieux comprendre les comportements d’apprentissage dans des contextes variés, allant des méthodes d’enseignement traditionnelles de type « cours magistral » à l’apprentissage numérique.
L’analyse de l’attention visuelle des élèves pendant les cours, par exemple, fournit des informations précieuses sur les éléments qui captent et retiennent leur intérêt, et sur ceux qui les distraient ou passent inaperçus.
Les élèves lisent-ils les diapositives ou les parcourent-ils rapidement ? Se concentrent-ils sur l’enseignant ou sur leurs notes ? Leur regard se promène-t-il dans la salle de classe ? Les résultats d’études d’oculométrie comme ceux-ci peuvent être utilisés efficacement pour améliorer la conception pédagogique et les supports didactiques, afin d’offrir une meilleure expérience d’apprentissage en classe et au-delà.

7. L’oculométrie est utilisée dans la recherche médicale pour étudier un large éventail de troubles neurologiques et psychiatriques
L’oculométrie, associée à des méthodes de recherche traditionnelles ou à d’autres biocapteurs, peut aider à évaluer et, éventuellement, à diagnostiquer des troubles tels que le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), les troubles du spectre autistique (TSA), le trouble obsessionnel compulsif (TOC), la schizophrénie, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer.
De plus, la technologie de suivi oculaire peut servir à détecter des états de somnolence ou à soutenir de nombreux autres domaines d’application médicale, d’assurance qualité ou de surveillance.
8. Jeux vidéo et expérience utilisateur : pourquoi l’oculométrie fait-elle fureur chez les concepteurs et développeurs web ?
L’oculométrie a récemment fait son apparition dans l’industrie du jeu vidéo et s’est depuis imposée comme un outil de plus en plus incontournable, car elle permet désormais aux concepteurs d’évaluer et de quantifier des paramètres tels que l’attention visuelle et les réactions aux moments clés du jeu, afin d’améliorer l’expérience de jeu dans son ensemble.
En les associant à d’autres capteurs biométriques, les concepteurs peuvent exploiter ces données pour évaluer les réactions émotionnelles et cognitives suscitées par le jeu. De nouvelles tendances et avancées pourraient bientôt permettre de contrôler le jeu en fonction de la dilatation de la pupille et des mouvements oculaires.

Quelques-uns des principaux domaines d’application de l’oculométrie dans la recherche
| Psychologie | Études en neurosciences cognitives, etc. |
| Eye tracking à des fins commerciales | Expérience utilisateur sur le Web, publicité, neuromarketing, etc. |
| Recherche et développement de produits ; | Conception d’emballages, conception de produits, etc. |
| Ergonomie informatique | Tests de sites web, tests d’applications, etc. |
| Simulations | Simulations dans les secteurs de l’automobile, du transport maritime et de l’aéronautique |
| Jeux vidéo | Attention à l’écran, engagement, etc. |
| Apprentissage et éducation | L’attention en classe, la tendance à se laisser distraire, etc. |
| Recherche médicale | Diagnostic et examen des maladies neurologiques, etc. |
Données d’oculométrie
– Comprendre les résultats
L’oculométrie permet de quantifier l’attention visuelle comme aucun autre indicateur, car elle permet de suivre objectivement où, quand et ce que les gens regardent.
Indicateurs d’oculométrie
Points de fixation et de regard
Il ne fait aucun doute que les termes « fixation » et « points de regard » constituent les indicateurs les plus importants dans la littérature consacrée à l’oculométrie.
Les points de regard constituent l’unité de mesure de base : un point de regard équivaut à un échantillon brut capturé par l’oculomètre. Le calcul est simple : si l’oculomètre effectue 60 mesures par seconde, chaque point de regard représente alors un soixantième de seconde (soit 16,67 millisecondes).
Si une série de points de regard se succèdent à intervalles rapprochés et à une distance similaire, le groupe de regards qui en résulte correspond à une fixation, c’est-à-dire une période pendant laquelle nos yeux restent rivés sur un objet précis. En général, la durée d’une fixation est comprise entre 100 et 300 millisecondes.
Les mouvements oculaires entre deux fixations sont appelés « saccades ». De quoi s’agit-il exactement ? Prenons l’exemple de la lecture d’un livre. Lorsque vous lisez, vos yeux ne se déplacent pas de manière fluide le long de la ligne, même si c’est l’impression que vous en avez. Au contraire, vos yeux font des sauts et s’arrêtent, générant ainsi un grand nombre de séquences distinctes. Ces séquences sont appelées « saccades ».
Portée perceptive et poursuite oculaire
La lecture implique à la fois des saccades et des fixations, chaque fixation correspondant à une étendue perceptive. Il s’agit du nombre de caractères que nous pouvons reconnaître lors de chaque fixation, entre deux saccades. Ce nombre se situe généralement entre 17 et 19 lettres, selon le texte. Les lecteurs expérimentés ont une étendue perceptive plus grande que les lecteurs débutants et peuvent donc lire plus vite.
Imaginez que vous observiez les nuages dans le ciel pendant que vous attendez à l’arrêt de bus. Maintenant que vous connaissez les saccades, vous pourriez vous attendre à ce que vos mouvements oculaires se comportent de la même manière dans ce cas de figure, mais les règles sont un peu différentes lorsqu’il s’agit d’objets en mouvement.
Contrairement à la lecture, le fait de fixer un objet en mouvement ne provoque pas de saccades, mais un mouvement de poursuite fluide. Ce mode de vision fonctionne comme on pourrait s’y attendre : les yeux suivent l’objet en douceur. Ce phénomène se produit jusqu’à une vitesse de 30°/s ; au-delà, des saccades sont utilisées pour rattraper l’objet.

Les fixations et les saccades étant d’excellents indicateurs de l’attention visuelle et de l’intérêt, elles sont le plus souvent utilisées pour alimenter les découvertes issues des données d’oculométrie.
Passons maintenant aux aspects pratiques et examinons les indicateurs les plus couramment utilisés dans la recherche sur l’oculométrie (qui s’appuient sur les fixations et les points de regard) et ce que vous pouvez en tirer.
Cartes thermiques

Les cartes thermiques sont des agrégats statiques ou dynamiques de points de regard et de fixations qui révèlent la répartition de l’attention visuelle. Grâce à un code couleur facile à lire, les cartes thermiques constituent un excellent moyen de visualiser quels éléments du stimulus ont réussi à attirer l’attention : les zones rouges indiquent un nombre élevé de points de regard (et donc un niveau d’intérêt accru), tandis que les zones jaunes et vertes indiquent un nombre moindre de points de regard (et donc un système visuel moins sollicité). Les zones sans couleur n’ont probablement pas retenu l’attention du tout.
Domaines d’intérêt (AOI)
Les zones d’intérêt, également appelées AOI, sont des sous-régions définies par l’utilisateur au sein d’un stimulus affiché. L’extraction de mesures pour différentes AOI peut s’avérer utile pour évaluer les performances de deux ou plusieurs zones spécifiques au sein d’une même vidéo, image, page web ou interface de programme. Cette opération peut être effectuée pour comparer des groupes de participants, des conditions ou différentes caractéristiques au sein d’une même scène

Séquences de fixation
En vous basant sur la position des fixations (où ?) et les informations temporelles (quand ?), vous pouvez générer une séquence de fixations. Celle-ci dépend de l’endroit où les participants regardent et du temps qu’ils y consacrent, et fournit des informations sur l’ordre d’attention, en vous indiquant où les participants ont regardé en premier, en deuxième, en troisième, etc. Il s’agit d’un indicateur couramment utilisé dans la recherche en eye tracking, car il reflète les éléments saillants (éléments qui se distinguent en termes de luminosité, de teinte, de saturation, etc.) de l’écran ou de l’environnement qui sont susceptibles d’attirer l’attention.

Temps de première fixation (TTFF)
Le temps de première fixation indique le temps qu’il faut à un participant pour fixer une zone d’intérêt (AOI) spécifique à partir du moment où le stimulus apparaît. Le TTFF peut refléter aussi bien des recherches ascendantes, guidées par le stimulus (par exemple, un logo d’entreprise voyant qui attire immédiatement l’attention), que des recherches descendantes, guidées par l’attention (par exemple, lorsque les participants décident activement de rechercher certains éléments ou zones sur un site web). Le TTFF est un indicateur fondamental mais très précieux en eye tracking.




Liste de contrôle des spécifications pour les études d’oculométrie
| Précision de mesure : la norme est de 0,5 degré |
| Traçabilité – au moins 95 % |
| Fréquence d’échantillonnage : généralement entre 30 et 60 Hz (mais une fréquence plus élevée peut être nécessaire) |
| Dimensions de la caisse d’alimentation : environ 11 pouces / 28 centimètres |
| Taux de récupération – suffisamment rapide pour récupérer après un clignement |
| intégré/autonome – selon les besoins de la recherche |
| Le soutien : toujours indispensable ! |

Temps passé
Le temps passé mesure la durée pendant laquelle les participants ont regardé une zone d’intérêt (AOI). Étant donné que les participants doivent faire abstraction d’autres stimuli présents dans leur champ de vision périphérique et qui pourraient être tout aussi intéressants, le temps passé indique souvent leur motivation et leur attention consciente (une attention visuelle prolongée sur une zone donnée témoigne clairement d’un niveau d’intérêt élevé, tandis que des durées plus courtes suggèrent que d’autres zones à l’écran ou dans l’environnement pourraient retenir davantage leur attention).
Nombre de répondants
Le nombre de participants indique combien de vos participants ont effectivement dirigé leur regard vers une zone d’intérêt (AOI) spécifique. Un nombre élevé indique que le stimulus retient largement l’attention, tandis qu’un nombre faible montre qu’il suscite peu d’intérêt.
Indicateurs avancés d’oculométrie
– Il y a plus que ce que l’on voit
Avec les outils essentiels à votre disposition, vous êtes parfaitement équipé pour suivre les données de base. Vous pouvez désormais savoir où, quand et ce que les gens regardent, et même ce qu’ils ne voient pas. Jusqu’ici, tout va bien.
Et si vous alliez un peu plus loin dans votre réflexion et alliez au-delà des bases de l’oculométrie ?
Taille de la pupille / dilatation
On parle de dilatation de la pupille lorsque celle-ci s’agrandit, et de contraction de la pupille lorsqu’elle se rétrécit.
La taille de la pupille réagit principalement aux variations de la lumière (lumière ambiante) ou du stimulus (par exemple, un stimulus vidéo). Toutefois, si l’expérience permet de tenir compte de la lumière, d’autres caractéristiques peuvent être déduites des variations de la taille de la pupille. Deux propriétés courantes sont l’excitation émotionnelle (qui fait référence au degré d’implication émotionnelle) et la charge cognitive (qui fait référence à l’intensité mentale requise par un stimulus).
Dans la plupart des cas, les réactions pupillaires servent à mesurer l’excitation émotionnelle. Il faut toutefois se garder de tirer des conclusions hâtives, car les réactions pupillaires ne permettent pas à elles seules de déterminer si cette excitation résulte d’un stimulus positif (« oui ! ») ou négatif (« non ! »).
Distance par rapport à l’écran
Outre la taille de la pupille, les oculomètres mesurent également la distance par rapport à l’écran et la position relative du participant. Le fait de se pencher en avant ou en arrière devant un appareil distant est directement enregistré et peut refléter un comportement d’approche ou d’évitement. Il faut toutefois garder à l’esprit que l’interprétation des données dépend toujours fortement du contexte d’utilisation.
Vergence oculaire
La plupart des oculomètres mesurent indépendamment la position de l’œil gauche et de l’œil droit. Cela permet de déterminer la vergence, c’est-à-dire si les yeux se rapprochent ou s’éloignent l’un de l’autre. Ce phénomène n’est qu’une conséquence naturelle de la mise au point de près et de loin. La divergence se produit souvent lorsque notre esprit vagabonde, lorsque nous perdons notre attention ou notre concentration. Elle peut être détectée instantanément en mesurant la distance interpupillaire.
Clignements
L’oculométrie peut également fournir des informations essentielles sur la charge cognitive en analysant les clignements des yeux. Les tâches exigeantes sur le plan cognitif peuvent être associées à des retards dans les clignements, ce que l’on appelle le « clignement attentionnel ». Cependant, les clignements permettent de tirer de nombreuses autres conclusions. Une fréquence de clignements très faible, par exemple, est généralement associée à des niveaux de concentration plus élevés. Une fréquence plutôt élevée est quant à elle révélatrice de somnolence et d’une baisse de l’attention et de la concentration.
Ce qu’il faut retenir de l’eye tracking
Réponses objectives grâce à l’oculométrie
À ce jour, l’oculométrie est la seule méthode utilisée dans la recherche sur le comportement humain qui permette de mesurer et de quantifier objectivement les mouvements oculaires. Grâce à l’oculométrie, vous pouvez mettre en lumière les processus mentaux inconscients. Elle permet d’évaluer quels éléments de la conception de votre produit ou de votre publicité attirent l’attention, et vous donne un aperçu des préférences individuelles de vos participants en observant sur quels éléments leur regard s’attarde au fil du temps.
Les limites de l’oculométrie
Les mouvements oculaires sont étroitement liés à l’attention visuelle. En effet, il est tout simplement impossible de bouger les yeux sans déplacer son attention. En revanche, on peut tout à fait déplacer son attention sans bouger les yeux.
Si l’oculométrie permet de savoir ce que les gens regardent et ce qu’ils voient, elle ne permet pas de savoir ce qu’ils perçoivent.
Prenons cet exemple classique : vous ouvrez le frigo à la recherche d’un carton de lait. Alors qu’il est juste devant vous, vous n’arrivez pas à le trouver. Vous continuez à chercher jusqu’à ce que vous refermiez la porte les mains vides. Ce jour-là, vous devrez boire votre café noir.
Que s’est-il passé exactement dans ce cas de figure ? Même si vous avez vu le carton (et c’est ce que nous indiqueraient les données d’oculométrie), vous n’y avez probablement pas prêté suffisamment attention pour vous rendre compte qu’il se trouvait juste sous vos yeux. Vous avez tout simplement ignoré la bouteille, bien que les données d’oculométrie auraient indiqué le contraire.
Pourquoi est-il important de garder cet aspect à l’esprit lors de l’analyse des données d’oculométrie ?
Prenez un instant pour transposer ce problème de la bouteille de lait au domaine des tests de sites web, par exemple. Imaginez que votre appel à l’action, soigneusement conçu, ne donne pas les résultats escomptés. Si l’oculométrie peut certes révéler si les visiteurs de votre site web dirigent activement leur regard vers l’appel à l’action (supposons qu’ils le fassent), elle ne vous dira pas s’ils perçoivent réellement le bouton accrocheur sur lequel vous souhaitez qu’ils cliquent.
La figure ci-dessous montre comment le traitement inconscient d’un stimulus intervient avant que notre traitement conscient ne prenne le relais. Il peut nous arriver de ne pas remarquer le carton de lait dans le réfrigérateur, car nous ne lui accordons pas suffisamment d’attention pour en prendre conscience.
En tant qu’indicateur objectif, l’oculométrie montre que :
- quels sont les éléments qui attirent immédiatement l'attention
- quels éléments suscitent un intérêt supérieur à la moyenne
- si certains éléments sont ignorés ou négligés
- dans quel ordre les éléments sont perçus
En fin de compte, qu’en est-il ?
L’oculométrie fournit des informations précieuses sur la direction que prennent nos mouvements oculaires à un moment donné et sur la manière dont ces mouvements sont influencés par l’attention visuelle et les caractéristiques des stimuli (taille, luminosité, couleur et
emplacement).


Cependant, le simple suivi des positions du regard ne nous apprend rien de particulier sur les processus cognitifs et les états émotionnels qui régissent les mouvements oculaires. Dans ces cas-là, l’oculométrie doit être complétée par d’autres biocapteurs afin de saisir le tableau complet du comportement humain à cet instant précis.
Voyons comment.
Tirez le meilleur parti de l’oculométrie
– Des analyses approfondies
Pourquoi associer l’oculométrie à d’autres biocapteurs ?
Prenons l’exemple du carton de lait. Même si vous regardiez directement le carton, vous ne vous êtes pas rendu compte qu’il se trouvait juste devant vous. En se basant uniquement sur l’oculométrie, nous aurions affirmé que, puisque votre regard était dirigé vers l’objet, vous deviez forcément l’avoir vu.
La manière la plus intuitive de vérifier notre hypothèse serait peut-être simplement de vous demander : « Avez-vous vu le carton de lait ? ». Principalement en raison de leur coût relativement faible, les enquêtes constituent en effet un outil de recherche très courant pour croiser les données oculométriques avec les déclarations des participants concernant leurs sentiments, leurs pensées et leurs attitudes.
Bien sûr, les gens ne se rendent pas toujours compte de ce qu’ils pensent réellement : après tout, ils n’avaient pas remarqué consciemment le carton de lait, et cela vaut aussi pour d’autres stimuli.
La fiabilité des déclarations des personnes concernées est également limitée lorsqu’il s’agit de divulguer des informations personnelles sensibles (consommation d’alcool, de drogues, comportement sexuel, etc.).
Gardez à l’esprit que, lorsque l’on travaille avec des auto-évaluations, tout délai entre l’action et le souvenir introduit des distorsions : poser la question immédiatement après avoir fermé le réfrigérateur peut donner une réponse différente (« non, je ne l’ai pas vu ! ») de celle obtenue une semaine plus tard (« … euh, je ne m’en souviens pas ! »).

Transformez votre bureau d’ordinaire en extraordinaire
Nous aurions pu utiliser l’analyse des expressions faciales via webcam pour évaluer votre état émotionnel pendant que vous regardiez dans le réfrigérateur, par exemple. Une expression perplexe en parcourant le contenu du réfrigérateur, suivie d’une expression triste, nous aurait permis de savoir ce que vous ressentiez en vous rendant compte qu’il n’y avait plus de lait.
En revanche, un léger sourire en dirait bien plus long. De plus, nous aurions pu quantifier votre niveau d’excitation émotionnelle et votre niveau de stress en nous basant sur les variations de la conductivité cutanée (mesurée par la réponse galvanique de la peau) ou sur votre fréquence cardiaque (mesurée par électrocardiographie).
De plus, nous aurions pu recourir à l’électroencéphalographie (EEG) pour évaluer votre état cognitif et votre motivation, car c’est l’outil idéal pour détecter les variations de la charge de travail (« Ai-je bien cherché partout ? »), de l’engagement (« Je dois absolument trouver cette bouteille ! ») ou même du niveau de somnolence.
Bien sûr, cet exemple est une simplification de l’interprétation des données physiologiques. Dans la plupart des cas de recherche, vous devrez prendre en compte et contrôler de nombreux autres facteurs susceptibles d’avoir un impact significatif sur l’objet de votre étude.
Chaque biocapteur permet de mettre en lumière un aspect spécifique de la cognition, des émotions et du comportement humains. En fonction de votre problématique de recherche, envisagez d’associer l’oculométrie à deux ou plusieurs autres biocapteurs afin d’obtenir des informations pertinentes sur la dynamique de l’attention, des émotions et de la motivation.
Qu’est-ce que ça apporte ?
C’est lorsqu’il est associé à d’autres sources de données pour mesurer des variables dépendantes complexes que l’eye tracking révèle tout son potentiel.
Ces 5 biocapteurs constituent un complément idéal à l’oculométrie. Quels indicateurs peut-on extraire de ces différents systèmes ?
Jetez-y un œil.
Analyse des expressions faciales
L’analyse des expressions faciales est une méthode non invasive permettant d’évaluer les réactions émotionnelles au fil du temps. Si les expressions faciales permettent de détecter la présence d’une émotion (valence), elles ne permettent pas d’en mesurer l’intensité (excitation).
EEG
L’électroencéphalographie est une technique qui mesure l’activité électrique du cerveau au niveau du cuir chevelu. L’EEG fournit des informations sur l’activité cérébrale pendant l’exécution d’une tâche ou l’exposition à un stimulus. Il permet d’analyser la dynamique cérébrale, qui fournit des informations sur les niveaux d’engagement (éveil), de motivation, de frustration et de charge cognitive. D’autres paramètres associés au traitement des stimuli, à la préparation de l’action et à son exécution peuvent également être mesurés.
GSR (EDA)
La réponse galvanique de la peau (ou activité électrodermique) permet de mesurer l’activité électrique de la peau générée par une excitation physiologique ou émotionnelle. La conductance cutanée fournit des indications sur l’excitation inconsciente des participants lorsqu’ils sont confrontés à des stimuli à forte charge émotionnelle

Les meilleures pratiques en matière d’eye tracking – en bref
- Bénéficiez d'un environnement et d'un éclairage optimaux
- Utilisation en configuration double écran
- Nettoyez votre ordinateur
- Veillez à former correctement l'ensemble du personnel concerné
- Utiliser des protocoles
- Simplifiez l'installation de votre laboratoire
EMG
Les capteurs électromyographiques permettent de surveiller l’activité électrique des muscles. L’EMG peut être utilisé pour observer les réponses musculaires à tout type de stimulus, afin de mettre en évidence les schémas d’activation, même les plus subtils, associés aux expressions émotionnelles (EMG facial) ou aux mouvements de la main et des doigts contrôlés consciemment.
ECG et PPG
L’électrocardiographie (ECG) et la photopléthysmographie (PPG) permettent d’enregistrer la fréquence cardiaque ou le pouls. Ces données vous permettent de mieux comprendre l’état physique des participants, leur niveau d’anxiété et de stress (état d’éveil), ainsi que la manière dont les changements de leur état physiologique influencent leurs actions et leurs décisions.
Bonnes pratiques en matière d’eye tracking
– Des recherches toujours parfaites
Les échecs ou les complications dans le cadre d’études sont le plus souvent dus à de petites erreurs qui auraient facilement pu être évitées. Cela s’explique souvent par le fait que les chercheurs et le personnel ne connaissaient tout simplement pas les principes de base permettant d’éviter ce genre de problèmes.
La réalisation d’une étude d’oculométrie implique de jongler avec de nombreux éléments à prendre en compte.
Un protocole expérimental complexe, de nouveaux participants, des technologies différentes, du matériel différent, des opérateurs différents.
C’est vrai que ça peut parfois être assez difficile. On est tous passés par là.
Mais ne vous inquiétez pas, nous sommes là pour vous aider. Voici nos 6 meilleurs conseils pour que votre expérience en laboratoire se déroule sans accroc dans le cadre d’une étude d’eye tracking.
1. Conditions environnementales et d’éclairage
Prévoyez un espace dédié à la conduite de votre étude. Trouvez une pièce isolée qui n’est pas utilisée par d’autres personnes afin de garantir une configuration expérimentale aussi homogène que possible pour chaque participant. Veillez à placer tous les composants du système sur une table stable qui ne bouge pas. Pour l’oculométrie, les conditions d’éclairage sont essentielles. Évitez la lumière directe du soleil qui passe par les fenêtres (fermez les stores !), car celle-ci contient des rayons infrarouges susceptibles d’altérer la qualité des mesures oculométriques.
Évitez les pièces très éclairées (pas de plafonnier). Dans l’idéal, utilisez la lumière ambiante. Il est particulièrement important de maintenir un niveau d’éclairage constant lors de la mesure de la dilatation pupillaire (pupillométrie) ; cela vaut aussi bien pour la luminance du stimulus que pour la luminosité de la pièce.
Sachez que des expériences de longue durée peuvent provoquer une sécheresse oculaire, ce qui peut entraîner des écarts de mesure. Veillez à réduire au minimum les bruits provenant de l’environnement (pièces, couloirs, rues), car ils pourraient distraire la personne interrogée et nuire à la validité des mesures.
2. Travailler avec une configuration à deux écrans
Utilisez une configuration à deux écrans : un écran destiné au participant pour la présentation des stimuli (qui, dans l’idéal, reste noir jusqu’à l’apparition des stimuli) et un écran destiné à l’opérateur (que le participant ne doit pas pouvoir voir) pour contrôler l’expérience et surveiller l’acquisition des données. Une configuration à deux écrans vous permet de détecter tout problème matériel pendant l’expérience, sans perturber l’expérience du participant.
3. Nettoyez votre ordinateur avant de commencer
Débarrassez votre ordinateur de tout ce dont vous n’avez pas besoin. Désactivez tout ce qui pourrait perturber le fonctionnement de votre ordinateur ; par exemple, veillez à désactiver votre logiciel antivirus afin qu’il ne s’affiche pas pendant l’expérience et ne mobilise pas les ressources du processeur. Déconnectez votre ordinateur d’Internet pendant la collecte des données si cela n’est pas nécessaire pour l’expérience, afin d’éviter toute interruption potentielle. Il peut également être judicieux de désactiver votre économiseur d’écran.
4. Veiller à ce que toutes les personnes concernées aient reçu une formation adéquate
Il est essentiel que les personnes chargées de la collecte des données soient formées aux systèmes utilisés afin qu’elles disposent des connaissances nécessaires pour mener à bien une étude sans encombre. D’une manière générale, la formation est importante pour tout type de poste au sein du laboratoire. Le fait de former le personnel avant le début des essais est un atout et permet de se préparer à d’éventuels incidents ou erreurs pouvant survenir au cours de l’expérience.
5. Respectez toujours les protocoles
Ayez toujours des protocoles à portée de main ! Il est essentiel de disposer à tout moment, sous forme écrite, de toutes les instructions et de toute la documentation relatives à la mise en place et/ou à la conduite d’une étude au laboratoire.
Essayez de disposer de modèles pour chaque étape du processus de recherche. Littéralement. Ne sous-estimez pas l’importance de la documentation dans des institutions telles que l’université.
Il est courant que les assistants de recherche changent de laboratoire après un certain temps ; les protocoles sont d’une aide précieuse, car ils permettent de suivre tous les aspects, de la gestion à la mise en œuvre des études ; veillez donc à ce que les nouveaux membres du laboratoire puissent s’intégrer immédiatement et être opérationnels sans délai, conformément aux routines du laboratoire.
6. Simplifiez votre infrastructure technologique
Il y a de fortes chances que vous ayez besoin de plusieurs biocapteurs différents pour mener à bien votre étude.
Pour vous assurer qu’ils fonctionnent bien ensemble et qu’ils sont compatibles, faites appel au moins de fournisseurs possible, tant pour le matériel que pour les logiciels. Dans l’idéal, tout serait intégré au sein d’une seule et même plateforme logicielle.
Le fait de devoir passer d’un système d’exploitation à un autre ou d’un ordinateur à un autre peut poser des difficultés. N’oubliez pas qu’il est plus facile de former les membres du laboratoire à l’utilisation d’un seul logiciel plutôt qu’à plusieurs.
Le principe est simple : le fait de disposer d’une plateforme logicielle unique réduit les besoins en formation, simplifie la mise en place et diminue le risque d’erreur humaine.
De plus, en cas de problèmes ou de demandes d’assistance, il est plus pratique de traiter avec un seul fournisseur et d’avoir un interlocuteur direct plutôt que d’être renvoyé d’un fournisseur à l’autre faute d’un interlocuteur unique responsable.
Choisir le bon équipement
– Du matériel adapté à vos besoins
À ce stade, vous pourriez penser que tous les systèmes d’oculométrie se valent. Leur seule fonction est de suivre le regard des personnes, alors en quoi peuvent-ils vraiment différer ? En réalité, ils peuvent varier considérablement.
L’utilisation de l’oculométrie ne cesse de se développer, et pour répondre à la demande, de nouveaux systèmes sont régulièrement mis sur le marché. Face à la multitude de spécifications proposées par les fabricants, il peut être difficile de se tenir au courant des options disponibles et de déterminer quel oculomètre est le mieux adapté à vos besoins
Quel oculomètre vous convient le mieux ?
Commençons par l’évidence :
1) Vos participants seront-ils assis devant un ordinateur pendant la session ? Optez pour un oculomètre à écran ou, à défaut, pour un oculomètre par webcam pour les études en ligne et à distance. Vos participants doivent-ils pouvoir se déplacer librement dans un environnement naturel ? Choisissez un système monté sur la tête qui permette la mobilité de la tête et du corps.
2) Assurez-vous que l’eye tracker que vous achetez répond aux spécifications requises pour répondre à vos questions de recherche. Consultez les principales spécifications indiquées à droite, qui vous aideront à trouver l’eye tracker qui vous convient.
Caractéristiques techniques à prendre en compte pour choisir l’eye tracker idéal :
Précision de mesure : exprimée en degrés. La précision standard est d’environ 0,5 degré. Les appareils d’entrée de gamme offrent une précision d’environ 1,0 degré, ceux de milieu de gamme de 0,5 degré, et ceux haut de gamme de 0,1 degré, voire moins.
Traçabilité : quelle part de la population peut être suivie ? Les meilleurs systèmes permettent de suivre environ 95 % de la population, tandis que les systèmes bas de gamme en couvrent une part moindre.
Fréquence d’échantillonnage : combien de fois par seconde la position de l’œil est-elle mesurée ? La plage de valeurs habituelle se situe entre 30 et 60 Hz. Les équipements de recherche spécialisés enregistrent à une fréquence comprise entre environ 120 et plus de 1 000 Hz.
Dimensions de la zone de détection : dans quelle mesure le participant est-il autorisé à se déplacer par rapport à l’oculomètre ? Un bon système permet généralement un déplacement d’environ 28 cm dans chaque direction.
Taux de récupération : en combien de temps l’oculomètre détecte-t-il la position du regard après que les yeux ont été hors du champ de vision pendant un instant (par exemple, lors d’un clignement des yeux) ?
Intégré ou autonome : le matériel d’oculométrie est-il intégré au cadre de l’écran ? Les oculomètres autonomes offrent généralement des caractéristiques techniques haut de gamme, mais leur configuration est souvent un peu plus complexe.
Votre fournisseur propose-t-il une assistance ? Avec la plupart des oculomètres, vous pouvez généralement les utiliser dès leur sortie de l’emballage. Pour vous lancer, cependant, une formation en direct peut s’avérer utile pour vous familiariser avec le fonctionnement de l’appareil.
Même au quotidien, les conseils d’un expert s’avèrent souvent utiles. Votre fournisseur propose-t-il ce type d’assistance ? Qu’en est-il de l’assistance en ligne ? Et combien de temps met-il à vous répondre lorsque vous en avez le plus besoin ?
Sérieusement, un bon service client n’a pas de prix.
Logiciel d’oculométrie
Pour compléter le tableau
Le matériel ne représente que la moitié du chemin : il faut encore trouver la bonne solution logicielle.
Bien sûr, le matériel ne représente que la moitié du chemin. Avant de pouvoir lancer votre étude d’oculométrie, vous devez absolument réfléchir au logiciel d’enregistrement et d’analyse des données que vous allez utiliser. En général, il faut deux logiciels distincts pour l’acquisition et le traitement des données.
Même si certains fabricants proposent des solutions intégrées, vous devrez très probablement exporter les données brutes vers un logiciel d’analyse dédié afin de les examiner et de les traiter davantage.
Alors, quelle solution logicielle d’oculométrie vous convient le mieux ?
Examinons tout d’abord les difficultés courantes rencontrées avec les logiciels d’oculométrie.
Problème n° 1 : les logiciels d’oculométrie se limitent soit à l’enregistrement, soit à l’analyse. En général, il faut recourir à des logiciels distincts pour l’enregistrement et le traitement des données. Malgré l’automatisation des procédures, un traitement correct des données nécessite des vérifications manuelles minutieuses tout au long du processus. Cette procédure de vérification recommandée prend du temps et est source d’erreurs.
Difficulté n° 2 : les logiciels d’oculométrie sont liés à des oculomètres spécifiques. En général, les logiciels et le matériel d’oculométrie sont associés.
Un logiciel n’est compatible qu’avec un seul oculomètre spécifique ; par conséquent, si vous souhaitez combiner différents appareils ou logiciels, même au sein d’une même marque, vous risquez rapidement de vous heurter à un obstacle.
Sachez également que vous aurez besoin d’un logiciel distinct pour les oculomètres à distance et mobiles.
Non seulement l’utilisation de plusieurs solutions logicielles nécessite une formation spécialisée préalable, mais cela peut même vous empêcher de passer d’un système à un autre.
Le pire scénario ? Votre laboratoire continuera à utiliser des outils de suivi et des programmes obsolètes, alors même que la dernière génération d’appareils et de logiciels pourrait offrir une meilleure ergonomie et des fonctionnalités plus étendues.
Difficulté n° 3 : les logiciels d’oculométrie sont limités à certaines catégories de stimuli. En général, les systèmes d’oculométrie ne permettent pas d’enregistrer les mouvements oculaires dans différentes conditions et pour différents types de stimuli.
Vous devrez utiliser un logiciel pour les images fixes et les vidéos, un autre pour les sites web et les captures d’écran, et encore un autre pour les séquences ou le suivi mobile.
Difficulté n° 4 : les logiciels d’oculométrie peuvent être complexes à utiliser. Les logiciels d’oculométrie peuvent s’avérer assez complexes à utiliser.
Vous devez bien connaître tous les paramètres logiciels pertinents concernant la fréquence d’échantillonnage de l’oculomètre, son étalonnage, la détection du regard ou des saccades/fixations, etc.
Dans le cadre analytique, il faut savoir générer des cartes thermiques, sélectionner des zones d’intérêt (AOI) ou placer des repères. Des connaissances en statistiques sont recommandées pour analyser et interpréter les résultats finaux.
Problème n° 5 : les logiciels d’oculométrie prennent rarement en charge différents capteurs biologiques. Ces logiciels se contentent presque toujours de suivre les mouvements oculaires, mais s’interfacent rarement avec d’autres capteurs biologiques pour permettre l’enregistrement de l’excitation émotionnelle et de la valence.
Vous devrez donc utiliser différents logiciels d’enregistrement pour vos recherches multimodales.
Comme vous devrez très probablement configurer chaque système individuellement, cela nécessite des compétences techniques considérables.
Si vous êtes un as de l’informatique, vous ne devriez pas avoir de souci. Sinon, vous risquez de vous heurter à de sérieux problèmes avant même d’avoir commencé.
Sachez également que vous devez vous assurer que les différents flux de données sont synchronisés. Ce n’est qu’alors que vous pourrez analyser les relations entre les différentes données issues des biocapteurs.
Qu’est-ce qu’un logiciel d’oculométrie de premier ordre devrait vous offrir ?
Idéalement, votre logiciel d’oculométrie devrait :
- Se connecte à différents appareils d'oculométrie (à combiner à votre guise, vous vous souvenez ?)
- Évolutif pour s'adapter à vos besoins de recherche : il vous permet d'ajouter facilement d'autres biocapteurs qui mesurent les processus cognitifs, émotionnels ou physiologiques
- Permet à la fois l'enregistrement et l'analyse des données
- Couvre différentes catégories de stimuli : stimuli sur écran (vidéos, images, sites web, captures d'écran, appareils mobiles, etc.), environnements réels (eye tracking mobile, produits physiques, etc.) ainsi que des stimuli issus d'enquêtes pour les auto-évaluations
- Évolue avec vous : il convient aussi bien aux débutants qui font leurs premiers pas dans l'oculométrie qu'aux utilisateurs expérimentés qui maîtrisent parfaitement le sujet
L’eye tracking bien fait avec iMotions
La plateforme iMotions est une solution logicielle conviviale destinée à la conception d’études, à l’étalonnage multicapteurs, à la collecte de données et à leur analyse. Dès son installation, iMotions prend en charge plus de 50 oculomètres et biocapteurs de premier plan, notamment l’EEG, la GSR, l’ECG, l’EMG et l’analyse des expressions faciales, ainsi que des questionnaires pour la recherche multimodale sur le comportement humain.
Quels sont les avantages pour vous ?
Du début à la fin, iMotions s’occupe de tout :
• Réalisez votre étude multimodale sur un seul ordinateur
• Oubliez les configurations complexes : iMotions ne nécessite que très peu de compétences techniques et d’efforts pour une mise en place aisée des expériences et l’acquisition des données •
Obtenez des informations en temps réel sur la qualité de l’étalonnage pour une précision de mesure optimale
• Accédez à des ressources illimitées : connectez n’importe quel biocapteur et synchronisez-le avec tout type de stimulus (images, vidéos, sites web, enregistrements d’écran, sondages, objets réels, etc.)
• Obtenir un retour d’information immédiat sur la qualité des données tout au long de l’enquête, pour l’ensemble des participants
• Vous vous inquiétez pour la synchronisation des données ? Ne vous en faites pas. Pendant que vous vous concentrez sur l’essentiel, iMotions se charge de synchroniser les flux de données entre tous les capteurs
Contactez-nous
Vous souhaitez savoir comment iMotions peut vous aider à répondre à vos questions sur l’oculométrie et à mettre en place vos recherches ? N’hésitez pas à nous contacter : l’un de nos spécialistes des solutions vous répondra dans les plus brefs délais.
Glossaire
- Oculométrie : technique consistant à mesurer soit le point de regard (l'endroit où l'on regarde), soit le mouvement d'un œil par rapport à la tête. Il s'agit d'une technologie qui détecte les mouvements oculaires, la position des yeux et le point de regard.
- Tracé du regard : représentation visuelle de la séquence et de la durée des points de regard d'une personne dans une scène donnée, généralement indiqués par des points (fixations) et des lignes (saccades).
- Fixation : action consistant à focaliser le regard sur un point précis. En oculométrie, il s'agit d'une période durant laquelle les yeux restent relativement immobiles et absorbent les informations provenant de l'objet sur lequel ils sont fixés.
- Saccade : mouvement rapide et simultané des deux yeux entre deux ou plusieurs points de fixation situés dans la même direction. En termes plus simples, il s'agit du mouvement rapide et saccadé des yeux lorsqu'ils passent d'un point à un autre. En savoir plus sur les saccades.
- Carte thermique : technique de visualisation des données utilisée en eye tracking pour mettre en évidence les zones présentant différents niveaux de concentration du regard. Les couleurs plus chaudes (comme le rouge et l'orange) indiquent généralement des zones où le regard est plus intense ou où la fixation est plus longue. En savoir plus sur l'analyse des cartes thermiques.
- Dilatation de la pupille : modification de la taille de la pupille, qui peut être révélatrice de réactions cognitives et émotionnelles. La technologie de suivi oculaire permet de mesurer ces changements afin de déduire le niveau d'engagement de l'utilisateur ou son état émotionnel.
- Suivi binoculaire du regard : technique de suivi du regard qui consiste à surveiller les deux yeux afin de déterminer la direction du regard et la profondeur de champ.
- Suivi oculaire monoculaire : technique de suivi oculaire qui consiste à surveiller un seul œil. Elle est souvent utilisée dans les situations où un suivi binoculaire complet n'est ni nécessaire ni possible.
- Calibrage : processus consistant à adapter le système de suivi oculaire aux caractéristiques propres aux yeux d'un utilisateur. Le calibrage garantit la précision du suivi du regard.
- Stimulus : tout élément de l'environnement susceptible de susciter une réaction chez le participant lors d'une étude d'oculométrie. Il peut s'agir d'une image, d'une vidéo ou de tout autre élément visuel.
- Indicateurs d'oculométrie : données quantitatives issues d'une étude d'oculométrie. Ces indicateurs peuvent inclure la durée de fixation, la longueur des saccades, la dilatation de la pupille, etc.
- Tests d'ergonomie : méthode de recherche utilisée pour évaluer la facilité d'utilisation d'un site web, d'un logiciel ou d'un appareil. L'oculométrie peut être utilisée dans le cadre de ces tests afin d'observer où les participants posent leur regard et comment ils naviguent. En savoir plus sur les tests d'ergonomie.
- Champ de vision : l'étendue du monde observable à un moment donné. En oculométrie, ce terme désigne la zone dans laquelle les mouvements oculaires sont enregistrés.
- Affichage adaptatif au regard : système d'affichage dont le contenu varie en fonction de la direction du regard de l'utilisateur. Il est utilisé dans la recherche avancée sur l'oculométrie pour étudier le comportement du regard dans des situations dynamiques.
-
Qu'est-ce que les émotions et pourquoi sont-elles importantes ?
-
Les 8 meilleures applications d'oculométrie dans le domaine de la recherche
-
Les 6 applications les plus courantes de la recherche sur l'EEG humain
-
Réussir votre sondage : 5 types de questions à connaître pour que votre sondage fasse un tabac
-
10 ouvrages incontournables sur l'oculométrie